Sébastian: Brume

Sébastian: Brume
Sébastian : Brume

Et la pointe de la cathédrale se perdait dans la brume qui de la terre s'élevait vers les hauteurs célestes. Cette brume enveloppait la bâtisse d'un voile de mystère qui conférait à son immortalité. Traversant les temps et les époques, il semblait que seul un dieu eu le pouvoir de faire renverser et briser les pierres qui composaient cet hommage au divin. Avec un sentiment amer Ethanael pensa qu'il suffirait simplement d'une bombe pour que cet édifice tombe en poussière et que tout le mythe se brise en un éclat. Songeur il s'adossa contre la pierre, regardant le jardin qui entourait la cathédrale.

Son âme se régénérait et son imagination avait du mal à concevoir que ce fussent les hommes à l'origine de la construction de ce lieu. Non loin, un peu en contrebas, la rivière traversant la ville s'écoulait. On pouvait se promener tout au long et c'était une ballade plutôt agréable. De là où il était posé, Ethanael n'entendait que l'écoulement de la rivière sans l'apercevoir. Le jour n'étant levé que depuis peu, les voitures se faisaient encore rare sur la route mais plongé dans ses pensées s'en apercevait-il seulement ? Ce dont en revanche, il avait parfaitement conscience c'est qu'il savourait avec délice ces instants dans sa bulle de brume. Avec un pincement au c½ur, il réalisa que lorsque la brume aurait disparu, il lui faudrait partir.

Partir d'accord, mais pour aller où ? Pour aller remplir les cases de la vie, pour se remettre en place dans cette articulation du temps et de l'existence, pour avancer et permettre au vide de se remplir, pour que le néant disparaisse et que l'être perde toute emprise sur son temps, celui dans lequel il vit, celui dans lequel il subit, petit être est encore si fragile, une vie sur terre est trop difficile. Mais non cela n'était pas dur à vivre, c'était juste dommage, mais pourquoi ? Dommage parce que ce train de la vie mettait de coté l'inutile pour se recentrer sur l'utile ?

Et pourquoi se plaindre ? Ethanael dans l'instant où il se trouvait, subissait-il ? Non au contraire, il avait remarqué cette plage de vide de toute chose et avait décidé d'y déposer un peu de lui-même, un peu de ses envies. Soudainement il sourit. Il sourit parce que tout à l'heure il sera plongé dans cet engrenage qui guide ses pas, un engrenage qu'il avait un peu choisis, un engrenage qu'il avait construis, mais cela ce n'était que tout à l'heure et pour l'instant il était encore hors de cette machine un peu infernale. L'immobilisme, le silence, la tiédeur, instants entre la vie et la mort, déchirement entre les larmes et le rire, et une délicate souffrance. Tout ce qui l'entourait n'était que source de beauté.

La cathédrale c'était une beauté pleine de force et de majesté, une beauté qui impose même à celui qui ne daigne pas la regarder avec attention. Comment, lui, si peu croyant en dieu, pouvait-il avoir tant d'admiration pour ce lieu qui n'avait été que bâti pour la gloire d'un dieu qu'il méprisait ? Et Ethanael eu honte de son mépris. Comment ? Il mépriserait la source qui a donné cette bâtisse au coté de laquelle il se sent tellement bien ? Alors il décida de sourire à nouveau, mais cette fois en remerciement à ceux qui croient. Et le jardin. C'était une beauté douce et tranquille, où la sensibilité flirtait avec l'imaginaire. C'était une beauté apaisante et qui contrastait avec celle de la cathédrale, une beauté aussi éphémère que celle de la cathédrale pouvait être éternelle. Enfin la rivière.

Nul ne l'a construite elle, tout juste a-t-on apprivoisé son écoulement paisible. Sa beauté n'était pas celle des yeux mais plutôt celle des autres sens. Autant le jardin et la cathédrale sont des beautés qui se posent, autant la rivière conserve sa liberté et évolue au grès du temps et des évènements, en mouvement. Au contact de la cathédrale, Ethanel avait un désir d'élévation, au jardin une envie de retourner à lui-même et à la rivière un délire de liberté et d'évasion. Il était là à se débattre dans ses désirs contradictoires. Bien que violente la lutte qui s'agitait dans son âme lui semblait fertile de pensées et de réflexions et pour cette raison, il l'adora. Tant que cette lutte s'engageait il était en proie avec lui-même et aussi un peu avec les autres mais surtout il se sentait vibrer et exister. Ce n'était pas un homme seulement pris dans le tourbillon infernal de la vie, c'était un homme qui savoure avec joie le fait que son existence puisse lui échapper en partie et qui rigole du fait qu'elle a une emprise sur lui.

Je suis fou eu-t-il envie de se dire. Mais une petite voix dans sa tête lui murmura : pourquoi serais-tu fou de penser et de ressentir dans toute son ampleur la vision de la beauté ? Alors la flèche de la cathédrale s'écroula, les pierres tombèrent avec fracas, le jardin dépéri, des crevasses se formèrent et en contrebas le gazouillement de la rivière se tut. Là-haut tandis que la brume disparaissait, un éclair doré traversa le ciel avec majesté pour finalement s'y poser. Ethanael caressa du bout du doigt le poignard dans sa poche et le simple contact de la lame froide lui permit de retrouver ses esprits. La cathédrale, le jardin et la rivière étaient toujours là, identiques et différents, un peu comme ils le seraient demain un peu comme ils l'étaient hier. Le soleil faisait briller la flèche et inondait le jardin d'une lueur pleine de vie. Le silence aussi avait disparu, tout vivait, tout bougeait et une chaleur certaine commença à se répandre. La cathédrale sonna quelques coups, annonciatrice de l'heure. Et quelle heure il était! Une heure, une parmi les 24 que composent une journée, mais une heure à part entière. Voilà il était l'heure et sans rien comprendre d'autre que cette signification de cette certaine heure, Ethanael partit.

02/10/07
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# Posté le dimanche 13 septembre 2009 14:48

Je voudrais juste te remercier

Un jour, j'ai rencontré un ange. Ses habits n'étaient pas blanc, il n'avait pas la peau translucide et les cheveux blonds, mais c'était un ange tout de même, un ange avec son humanité et ses particularités. Il est venu un peu de nul part, un peu d'ici, un peu d'ailleurs. Il s'est installé, et doucement il a déployé ses ailes blanches que j'ai pu admirer. Pourquoi a-t-il aperçu la fenêtre de ma maison, je l'ignore encore. Peut-être était-ce sur le chemin où je me promenais qu'il m'a vu et rejoint? En le regardant de plus près, j'ai constaté que ses ailes saignaient. Cela m'a attendrit, et je suis restée un peu à ses cotés. Je crois que pourtant, je n'avais pas le pouvoir de le soigner. Grace à cet ange, j'ai poursuivi un chemin pendant quelques temps en étant accompagné. Sa présence n'était jamais loin, visible parfois, discrète d'autres fois. Mais un jour j'ai décidé que l'ange était resté assez. Il a fallu du temps et bien des efforts pour le chasser de ma demeure. Alors il est parti, mais ce n'était pas grave. Il n'est pas parti comme il est venu, parce qu'il a laissé une empreinte indélébile. Une empreinte qui ne se voit pas, qui se ressent, qui se floute quand on veut la regarder de plus près, qui s'échappe quand on veut la saisir, mais qui serre le c½ur quand on ne veut plus y penser.
Seulement moi j'ai de la chance, je n'ai pas de c½ur :) ou alors il est bien caché, oui très bien caché. Tellement qu'il est alors facile de l'ignorer. Je n'ai pas de c½ur mais un esprit. Alors un jour la vie a fait que j'ai rappelé mon ange, j'avais peur, j'avais besoin de quelqu'un et alors que je l'avais chassé je l'ai rappelé. J'ai réalisé pleinement ainsi que sa nature ne pouvait qu'être angélique, qui d'autres qu'un ange aurait répondu? Il s'est montré présent, m'a rassuré, et puis il est reparti et quand il a voulu revenir, je l'ai chassé...Car oui je n'ai pas de c½ur.


Mais moi je ne comprends pas ! Par quel miracle, m'accorde-t-on cela? N'ai-je pas démontré que je ne méritais pas qu'un tel être croise ma route?
Au final je sais simplement qu'il a été là...de nombreuses fois, souvent même, et je sais qu'il y a une chose que je n'ai jamais été capable de faire. Je l'ai tenté, j'ai essayé, raturé, jeté, comme si écrire ces mots étaient trop lourds à porter, alors pour la petite lueur malicieuse qu'il y a dans ses yeux, pour le petit sourire que je le revois aborder, pour cette étincelle de joie, de compréhension et de taquinerie, d'un homme qui sait et qui connait, parce que c'est lui un jour qui m'a sommé de ne pas pleurer, parce que lui avait un pouvoir alors, le pouvoir d'un ange, celui par ses mots et par sa présence, de m'apaiser, parce que c'est à lui, entre autre, que j'aurais voulu offrir un de ces sourires de gratitude que ne remplace aucun mot.
Voici donc ce que je voudrais faire, par ce biais, je voudrais juste:
Te remercier =)


pix: l'ange en personne
Je voudrais juste te remercier
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# Posté le lundi 31 août 2009 08:30

Nouvelle

Nouvelle


Elle s'était habillée un peu pour l'occasion. Mais juste un peu. Elle avait choisi une jupe longue et simple mais d'un joli blanc cassé. Longue pour l'affiner, blanc maternel pour mettre en valeur ses hanches. Jouant sur les contrastes de sa morphologie que toute femme ne connaît que trop bien, elle s'était décidée pour une tunique fendue grise perlée que maintenait un corset gris foncé. La sobriété du corset accentuait sa taille fine, tandis que la tunique fendue n'était là que pour révéler davantage une poitrine menue. C'était simple, sans couleur trop franche pour ne pas s'abimer dans des teintes trop pures qui n'auraient point été de circonstances pour cette soirée. Du reste, elle avait opté pour une paire de perles à ses oreilles, et un collier qui se logeait dans la fente de la tunique. Ses cheveux étaient restés lâchés naturellement pour contrecarrer l'habillement du cou par le collier. Ils étaient châtains clairs, mi long et légèrement ondulés. Elle ne souhaita pas travailler ses yeux qui s'ornaient simplement d'un soupçon d'un noir pas trop prononcé pour ne pas surcharger leur bleuté naturelle. Enfin, autant pour cacher que pour contraster, elle s'était munie d'une veste pas trop longue, qu'elle resserrait à la taille avec une ceinture sans passant, d'une grande simplicité et d'un gris clair et grotesque somme tout très banal.
C'était une de ses soirées où d'ordinaire hommes et femmes ne se côtoient pas et où les liqueurs coulent à flots. Pendant longtemps cette séparation avait semblé parfaitement normale, les femmes se sentant alors plus libre de s'adonner à l'ivresse et les hommes à toutes sortes de plaisanteries graveleuses qui n'auraient pas manqué de choquer les oreilles délicates de ces femmes distinguées. Seulement, les m½urs évoluaient, et on parlait de plus en plus de « vivre selon son temps ». Ce nouveau temps paraissait abolir la distinction entre les loisirs et fêtes réservés aux hommes et ceux réservés aux femmes. La mode voulait qu'on s'amusât ensemble. C'était à un de ces types de soirées que Marion avait été convié. Elle était du reste assez jeune, bien que femme et elle gardait sur elle cette trace de l'enfance dans l'expression d'une naïveté sur le visage qui n'était pourtant pas réel. On lui avait dis plusieurs fois, que cela plaisait aux hommes.

Marion s'étant méfiée de ce type de soirée qu'elle ne connaissait pas encore, n'avait pas voulu apparaître trop apprêtée et quand elle arriva elle comprit à quel point son intuition avait été bonne. On venait pour s'amuser, boire, discuter et se rencontrer, pour se prélasser sans gène et sans entrave, et une large manifestation de la féminité aurait été vu comme marque de trop grand sérieux et d'une dignité élevée. Bref ce n'était pas le but.

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La soirée débuta sous les meilleurs auspices et au bout d'une heure les femmes commençaient à être grises et les hommes railleurs. Qu'importe, tout le monde y trouvait son compte et Emeraude n'était pas parmi les dernières à cela. Elle se ravie d'avoir fais le déplacement chez cette femme qui recevait dans cette grande maison et au jardin impressionnant puisqu'il comprenait même une partie du petit bois qui se prolongeait derrière.
Bientôt, elle se retrouva dans un cercle d'hommes qui parlaient vivement et elle se joignit à la conversation. On l'écoutait, lui portait attention, lui répondait et elle prenait plaisir à bavarder avec les hommes les plus proches d'elle, de cette conversation n'allant pas que dans un sens. L'homme près d'elle lui remplissait son verre tandis qu'un autre l'exhortait à le boire et que tous s'empressait de faire de même et de boire avec elle. C'était plaisant, et les liqueurs montant à la tête tout ce petit monde était fort joyeux et fort entrain.

Un peu éméchée, et estimant être restée suffisamment assise parmi la petite troupe, Marion se leva pour chercher un peu d'air. Elle resta penchée à la fenêtre pendant quelques minutes, souriant à la pensée de la galanterie de cet homme qui lui avait prestement mais discrètement demandait là où elle logeait. Il lui avait prodigué respect, attention sommaire, c'était suffisant pour qu'elle accède à sa requête. Soudain, elle aperçu un petit animal roux taché de blanc, et tout à fait éméchée cette fois, elle passa par la porte la plus près pour tenter de retrouver l'animal qui avait éveillé sa curiosité. Elle le retrouva en quelques secondes. C'était un chat. Un simple chat, animal sauvage mais pas tout à fait puisqu'il ne s'enfuyait pas quand elle se rapprocha de lui. Elle jouait avec lui, quand cet homme qui s'était présenté sous le nom de Louis ayant constaté son absence, la rejoignit. Il rit gentiment constatant la malchance de la jeune fille qui voulant caresser le chat avait été griffé à la main et il plaisanta d'elle estimant qu'elle avait sans doute un mauvais karma avec les chats. C'était peut-être vrai en partie car ce chat malicieux se glissa entre les pieds de Marion et de surprise celle-ci tomba à terre. Louis étant trop gris aussi pour l'aider à se relever, il préféra s'asseoir à terre avec elle, et ils restèrent là, plusieurs minutes encore à parler de tout et de rien, et à rire beaucoup. La fatigue commençait à appesantira les muscles et Marion se laissa presque assoupir à coté de cet homme. Elle tint bon cependant, mais fermait les yeux quelques fois. Elle s'allongea plus complètement sur le sol et observa les étoiles. Louis se coucha à son coté.
Pendant toute la soirée, elle avait pu constater le charisme que cet homme dégageait. Il était séduisant de corps et beau de visage. C'était un bel homme sans aucun doute, mais pas de cette beauté de jeune homme, de jeune premier qui faisait frémir bien des c½urs mais laissait insensible celui de Marion. C'était un charme doux, protecteur, d'un mystère tranquille et plein d'une sagesse que Marion ne possédait pas encore et qui était peut être due à l'âge un peu plus élevé de celui qui se tenait à ses cotés.

Alors, sans savoir pourquoi en cet instant, il approcha ses lèvres du front de la jeune femme et le baisa doucement. Ce baiser n'eu que pour conséquence de la rappeler un peu à la réalité, aussi sa conscience se réveilla mais elle ne bougea point. Louis fit alors descendre son baiser jusqu'à ses lèvres et ils s'embrassèrent d'une façon douce, tranquille mais qui laissa une drôle de sensation à la demoiselle. Peu après des éclats de voix se firent entendre et la réalité reprit ses droits, ils n'étaient pas seuls. Cela rendit un peu nerveuse Marion.

Ils se relevèrent, et firent quelques pas. Puis estimant qu'il était bien assez tard, Marion manifesta pour tous son désir de s'en retourner chez elle. Son cavalier décida de partir avec, ce qui ne manqua pas de faire naitre quelques gloussements chez les invités qui restaient encore un peu. Ils marchèrent donc ensemble pour rentrer, dans l'air doux de la nuit, et une fois arrivée à la rue de chez elle lui dit qu'elle était à destination. Elle s'apprêtait donc à le laisser là avec un de ses au revoir rapide, expéditif et n'engageant à rien quand il la suivit jusqu'au devant de sa porte. Elle se retourna pour lui faire face, et sans qu'il eu besoin de dire un mot pour exprimer sa pensée ou son envie, Marion passa ses bras autour de sa nuque et leurs bouches se rencontrèrent à nouveau, très naturellement et très doucement. Un peu éperdue, elle mit fin au baiser mais serra l'homme contre elle. Et elle l'abandonna cette fois pour de bon. La dernière étreinte avait été étrange et elle pensa alors que son réflexe d'attirer la personne contre elle comme une enfant était justement bien trop légère pour un homme déjà adulte. Que voulez-vous, elle n'avait pas l'habitude de côtoyer ce genre d'homme. Aussi, c'est avec un sentiment caressant mais un pincement au c½ur qu'elle s'endormit cette nuit là. Au réveil, elle s'étonna simplement que cela fut arrivé un soir qu'elle n'était pas spécialement jolie et ayant effectué une analyse rapide de la situation, son regard de femme se fit désabusé. Parti fut alors pris d'abandonner les chimères que la nuit avait fais naitre dans ses rêves. Progressivement, le souvenir de cette soirée recula, s'alanguit, se détériora. Les jours s'écoulèrent sans que rien ne changea et le souvenir se rétrograda, se recroquevilla doucement s'oubliant de lui-même comme le souvenir gracieux d'une mélodie que le temps suffit à effacer.

Fin

Le titre est pourri, les prénoms des personnages changent sans arrêt, le style d'écriture peut prêter à rire, mais il faut juste savoir que j'étais alors en pleine lecture de Maupassant.
pix: chanteuse du groupe Nebelhexe, musique que j'adore et qui m'a accompagné pendant l'écriture de ce texte.
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# Posté le lundi 31 août 2009 08:29

Modifié le mardi 01 septembre 2009 08:32

Envoles-toi

Envoles-toi
Petit oiseau, reste dans ta cage que je t'y nourrisse et t'y soigne. Laisses moi prendre soin de toi, laisses moi t'y aimer, t'y chérir avec toute la sincérité dont je suis capable. Regarde, j'ai doré tes barreaux, la porte est même ouverte..
Et pourtant un jour, l'eau dont je t'ai abreuvé t'as empoisonné, ma nourriture t'as fait vomir, la couleur des barreaux te faisaient suffoquer, et la porte ouverte ne te semblait plus assez grande pour nettoyer l'air que tu respirais.
Alors tu es parti...et je ne t'ai jamais revu...c'était déjà une chance que d'avoir réussi à t'apercevoir, puis à t'attraper.

Tu es parti, tu as réappris à voler. Tu as du apprendre à trouver de l'eau propre, de la nourriture saine, de l'air vivifiant, et un toit vert. Cela n'a pas toujours été facile. Est-ce que tu étais plus heureux? La vie était plus dure...mais tu étais libre...comme on dit c'est le prix à payer...Un jour, j'ai vu un autre oiseau comme toi partir...il est mort quelques jours après.
Mais toi...parfois il me semble encore entendre le son de ton gazouillement dans les arbres, et une partie de moi sait alors que tu voles toujours. Avec difficultés peut être, peut-être que tu n'es pas vraiment heureux, mais tu voles toujours, te pose parfois, te laisse observer d'autres, peut être même qu'un jour tu retourneras dans une cage colorée...mais jamais plus dans la mienne...

Et toi? Entre le bonheur et la liberté, quel choix aurais-tu fais?
Et bien moi j'ai pris celui de la liberté

# Posté le mardi 25 août 2009 16:28

Modifié le dimanche 30 août 2009 08:00

Bouquet de fleurs

Et à l'instant où j'avais décidé d'abandonner mes chimères, le souvenir recula, se rétrograda et finit par s'oublier de lui-même...Comme un songe qui ayant existé en rêve, n'a pas plus de forme dans la réalité que le souffle du vent...

Le goût d'Oubli a un parfum de Liberté, mais jamais ou presque les 3 fleurs qui composent mon bouquet n'ont éclos en même temps. Tandis que l'une se revitalise, une autre se fane, et une troisième est à son apogée. Oh mes belles fleurs, je croyais qu'il était de mon bonheur de vous voir toutes les 3 belles et colorées et que je devais concentrer mes efforts dans ce sens...J'avais tord, et j'ai trouvé le bonheur dans l'imparfait.
Bouquet de fleurs
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# Posté le mardi 25 août 2009 16:22

Ah !

Ah !
Tu me diras au revoir puis tu devras partir


Tu devras partir et ne plus jamais revenir, tu sais que ce sont les règles du jeu. Tu devras partir, fermement, sans essayer de prolonger l'adieu, tu sais que c'est le mieux pour nous deux. Tu ne devras jamais te retourner, ne jamais y revenir. Parce que sinon un jour...tu seras prisonnier de cette demeure. Tu sais, elle est maligne, alors soit fort. Etouffe le sanglot qui agite ta gorge, force tes lèvres à esquisser un sourire, savoure la chance que tu as et ne regarde plus, ce qui, vivant, te fera dorénavant défaut. Je te le jure ce n'est pas si dur que ça. Ou alors juste le début.

J'ai tellement de chances. D'avoir été actrice et spectatrice de ce supplice, de cette chance. Oui c'est de la chance. Ou du moins. J'en ai une que toi tu ne possèdes pas. Et quand tu reviendras dans cet ailleurs, je ferais en sorte que jamais tu ne l'ais. Ne cherche pas à me questionner. Oui j'en sais beaucoup plus que toi, mais quand j'étais à ta place, j'étais tout autant ignorante et naïve que toi. C'est seulement après qu'on réalise la chance qu'on a eu. Alors que c'est tout de suite qu'il faut réaliser. Si tu prends du recul au moment de partir, il sera trop tard. Je suis égoïste et me répéter me fatigue alors ne me force pas à te rappeler où est ton intérêt réel. Souviens-toi du conte d'Hansel et Gretel. Souviens-toi du jeu des illusions.

Et puis, je serais triste que tu meurs plus bête que moi. Oui parce que si tu ne pars pas, tu vas mourir. Pour de vrai. Et alors tu n'auras jamais savouré la chance que tu as eu de pouvoir me dire au revoir. Parce qu'alors, ce ne sera pas que mon corps sans vie qu'on retrouvera au pied de cette voiture qui m'a fauchée. Si tu ne pars pas ton corps viendra se joindre au mien. Et alors les adieux seront vains puisqu'on ira frapper ensemble à la porte du monde des morts. Moi j'ai eu la chance d'être à ta place. Celui que j'aimais à l'époque est parti rejoindre les anges...trop tôt.

J'ai tellement pleuré et culpabilisé de ne pas avoir pu lui dire adieu, qu'une nuit, celui qui t'a guidé ici, est venu me réveiller. Il m'a ouvert les yeux et m'a conduit jusqu'à mon bien-aimé de l'époque. J'ai pu lui révéler, l'assurer de mon amour. J'ai pu lui dire adieu jusqu'à ce que je le retrouve. Il m'a alors dis qu'après avoir dis au revoir, qu'il faudra que je parte. Sans jamais me retourner. Il m'a dis aussi de ne pas avoir peur d'aimer à nouveau. C'est comme ça qu'après je suis tombée amoureuse de toi. Tu n'imagines pas la torture que c'est d'abandonner la personne pour laquelle le chagrin a été tellement immense que chance lui fut faite de lui dire adieu. Seulement tu sais, il est possible de revenir de ses tortures...si on les affronte avec courage. J'ai fais preuve de courage et en échange ma peine s'est vue oublier dans tes doux bras protecteurs. Parce que tu as su me rassurer. Du moins en partie, car jamais tu n'aurais pu me réapprendre à vivre. Parce que j'ai réappris toute seule. En quittant la demeure et en partant. C'est une belle expérience. Que tu vas très bientôt découvrir. Tu as du être bien malheureux pour qu'on t'accorde la possibilité de venir me dire adieu. J'avoue que je suis surprise. Je ne pensais pas que tu m'aimais à ce point. Maintenant c'est le moment, embrasse-moi une dernière fois, dis moi au revoir et ne reviens que lorsque ton heure sonnera. Vas ! Vas vivre ce que j'ai vécu, comme ça nous aurons en commun le vécu de cette expérience et je n'en t'aimerais que plus.

[Un temps passe]


Qu'est-ce donc ? Je ne te pensais pas si lâche et si ingrat. Ingrat pour cette chance que tu ne savoures pas. Tu es bien lâche et bien idiot de vouloir demeurer à mes cotés sans avant cela retourner vivre sur Terre...je ne pensais pas la vie si désagréable. C'est lâche de dissimuler ta peur des souffrances derrière cette excuse de ne point vouloir partir par amour. Je ne pensais pas que tu m'aimais à ce point. Mais tu sais, je suis égoïste. Et je t'avais bien dis que ce n'était pas de ton intérêt de rester. Si tu as pu venir jusqu'ici c'était grâce à la force de ton amour pour moi, mais tu sais. J'ai décidé que morte je redeviendrais naturelle. Et sans concession. Tu le sais, j'ai eu peur au début, de t'aimer. Et je réalise en ce jour pourquoi. Je devais savoir au fond de moi que tôt ou tard tu me décevrais. Oui je ne te pensais pas si lâche, ingrat et bête, terriblement bête. Mon amour si tu as décidé de rester, moi j'ai décidé d'user d'un des droits que la mort offre. Je vais te dire au revoir et partir. Tu peux t'amuser à me chercher si tu veux, j'ai confiance, l'Eternité est un territoire infini dans lequel il est bien facile de se dissimuler. Et si je le désire...tu ne me retrouveras jamais.


pix: photo et modèle: marie
date: 8 juillet 09
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# Posté le lundi 24 août 2009 15:52