Pour un dernier soupir

Histoire d'un dernier soupir.


Pour un soupir elle est part
ie, et jamais on ne la revit. [Elle avait senti sa mort avant même de l'apprendre].
Ce matin elle se réveilla en surs
aut, dans son rêve ou peut-être dans sa réalité, elle avait senti son c½ur se briser. Comme si le choc de l'accident de voiture était parvenu jusqu'à elle. Soudain son portable sur sa table de chevet, vibra d'une intensité insupportable. Le chat qui dormait dans la même pièce en ouvrit les deux yeux
. Tel
un zombi, elle lu le message qui lui était destiné : venir le plus vite possible à l'adresse qui suit. En lisant ces quelques lignes, son c½ur s'accéléra puis s'arrêta le temps d'une seconde. L'aiguille d'une montre quelque part dans la chambre carillonna cinq secondes avant de se taire à son tour. Le petit matin pointait à l'horizon. Pale lumière, lueur d'un faible jour qui s'annonçait alors que bientôt c'était de force et de courage dont elle allait avoir besoin.

Elle sorti
t de son lit et mécaniquement se rendit au lavabo dans la salle de bain pour faire une toilette qu'elle abrégea en quelques gestes rapides et précis. Elle enfila le premier jeans qui traînait là, passa un chaud pull en laine. Quelques coups de brosse dans les cheveux, une paire de basket, portable, écharpe, gants, manteau, un morceau de pain arraché à la volée et elle sortit dans le froid glacial d'un jour qui jamais plus pour elle ne se lèverait. Chaque pas, chaque souffle, chaque éléments dans l'air lui offrait la sensation que tout allait, ou qu'elle seule allait, à une mort certaine. La pierre qui obstruait sa gorge rendait sa respiration difficile, un poids lui serrait le c½ur et étreignait son âme. Quelque part dans la campagne, une église sonna les 7 coups de 7h.

Dans cette ca
mpagne verdoyante, nulle âme qui vive n'apparaissait. Seulement la nature morte d'un matin de novembre. Ces coups furent comme 7 coups, comme 7 corps qui chutent sur le sol, comme si la cloche de l'église s'était détachée de son cloché et que dans un affreux besoin de chanter une agonie, elle s'était détachée par 7 fois jusqu'à cette chute ultime où jamais plus elle ne sonnerait. Ces coups macabres lui redonnèrent alors la sensation d'urgence, la sensation que le temps n'est pas plus immortel qu'un homme. Elle se mit à courir. Dérapant tant de fois sur le sol verglacé qu'il était impossible de compter ces hypothèques chutes. Le manteau qu'elle portait lui semblait être le fardeau d'un mourant qu'elle se devait de ramener à sa famille. L'écharpe, c'était cette corde avec laquelle le mourant avait voulu se pendre. Ces gants. Malgré leurs douces protections, elle sentait des picotements au bout de ses doigts, elle les imaginait rougir et pourtant elle n'avait pas le temps de chercher à vérifier si elle était dans le vrai ou si ce picotement n'était qu'une illusion de son imagination.

Elle courait da
ns l'espoir fou que cette course effrénée et paniquée contre la montre ne se solderait pas par un basculement dans le vide. Le goût âpre du sang remplissait sa bouche et tandis qu'elle le crachait, il lui semblait qu'un autre rejetait le souffle d'air qu'on voulait lui insuffler. Elle courait depuis une demi-heure déjà quand elle songea que nul ne serait averti de son soudain départ. Pas grave, ce qu'il fallait pour non pas l'heure, mais pour la seconde présente, c'était continuer à avancer. Courir dans l'espoir fou qu'elle n'arriverait pas trop tard. Pas trop tard mais pour quoi ? Et si c'était elle qui se faisait des films, et si ses sens la trompaient ? Et si et si, mais à force de si rien ne se fait. Alors elle n'écouta qu'elle-même. Que son instinct fou et désespéré, que la blessure qui à chaque seconde s'ouvrait davantage. Elle n'écoutait que l'espoir de la folie, que ses jambes qui courraient alors même qu'elle aurait voulu leurs ordonner de marcher. Respirer devenait difficile, l'air manquait, le sang battait à ses tempes, ses yeux pleuraient et chaque centimètre de sa peau qui n'était pas couvert par un morceau de tissu, hurlait contre le froid qui l'agressait et la brûlait. Peu importe la douleur, peu importe les souffrances, elle approchait de l'endroit où on lui avait sommé de se rendre. Il fallait avant d'y parvenir, passer une rangée de haies. Elle ralentie, son souffle se régula, son sang repris calmement son long écoulement dans ses veines sans qu'il ne chercha à en déborder et s'infiltrer de nouveau dans sa bouche. Comme si l'ordre des choses, se rétablissait.

C'est alors qu'elle les entendit.

Les sirènes des pompiers. Elle entendait leur musique alarmante et angoissante. Avec raison, elle pensa qu'elle était arrivée. Elle approcha, s'avança, on vint vers elle et on la mena. Quand elle se pencha à terre, son c½ur se brisa pour de bon. IL, était là, la face et le corps ensanglanté. Un râle sortait de sa bouche, ses yeux se révulsaient, il souffrait. Quand il comprit que c'était celle qu'il attendait, il parvient à esquisser un sourire. Un dernier sourire, rien que pour elle, dernier cadeau qu'il lui offrait avant de partir définitivement. Elle l'embrassa sur le front et une fois ce baiser reçu, il soupira. Son c½ur cessa alors de battre. Le sien à elle, ne fut jamais aussi vivant qu'en cet instant, piqué de milles aiguilles, découpés de milles ciseaux. Elle se releva, repris la route qui l'avait mené jusqu'ici mais tourna à gauche et parti.

Ce ne fut qu'un
jour pluvieux qu'on retrouva son corps égratigné, boursouflé d'eau et de boue, mais sans trace de lutte....


26/01/08
Pour un dernier soupir
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# Postato giovedì 10 dicembre 2009 10:24

There's nothing here

There's nothing here
Il ne s'est rien passé hier soir....


Pas plus hier que les autres soirs.

Pas plus que ces fameuses 10mn dans cette vie...mais un peu plus que dans la théorie de l'apparence dont les tiers peuvent se prévaloir.

Repeat after me!
PUT*** je t'avais dis que j'étais fragile !

Parce que dans ces 10mn on s'ennuyait tellement que notre regard a été attiré par la fenêtre, et que tout était gris, le ciel, le béton, la ville. Alors on s'est mis à porter de la couleur, contre le gris, contre le néant, de la couleur contre la peur, notre talisman contre ce gris oppressant !

Je t'avais dis que j'étais fragile. Un peu comme ce château de carte ,cet édifice fragile que tu ne peux construire qu'avec douceur, que lentement et pourtant t'assure même pas sa solidité. C'est tellement fragile, au moindre coup de vent, au moindre courant d'air... tout s'effondre et les cartes retombent sur la terre, faces contre terre.

Celle qui te sourit c'est juste le joker.
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# Postato mercoledì 18 novembre 2009 15:26

Modificato sabato 21 novembre 2009 09:57

Concert <3

Concert <3
Réactions à vif au retour du concert vendredi soir ! (recopié tel quel du msg posté sur le forum).

Je reviens du concert de Punish yourself =)
Pour l'occasion voilà que j'avais mis ma jolie jupe, et j'ai ressorti mon fer à cheval pour mon labret. D'ailleurs je suis contente, la 1er fois il me cisaillait la lèvre, mais là, (peut être parce que je l'ai un peu trituré entre temps) ça va, donc je vais tenter de le garder plusieurs jours, j'ai envie de le porter à la fac

Tout à l'heure j'ai réalisé que j'avais oublié mes bijoux à Rouen, ça m'a fait pleurer, c'est con mais j'avais tellement préparée cette soirée. Puis j'ai eu des crampes au pieds, je hurlais de douleur, je pleurais, ma s½ur rigolait mais ça n'allait pas du tout, je ne voulais plus aller au concert, cette aprèm je me sentais tristounette, rêveuse. Au final c'est ma mère qui m'a emmené et j'ai rejoins ma copine et ...

ET PUT*** QUE CA FAIT DU BIEN DE SE SENTIR BIEN!!!!!!!!!!!!

Sans déc, même si on était pas nombreux, que les gens voilà, mais osef, rah ça fait du bien, je me sentais bien, les ptites intros un peu éléctro me rappelait les soirées goths que j'ai faites (et qui me manquent un peu), les parties métal, ben mon amour pour le métal, le coté punk/distroy/cyber de la nana; bref tous les éléments de ce que je peux apprécier.

Pourtant en soit c'était pas si transcendant que ça (même si oui un peu).Je connaissais mal la musique, mais pendant ce temps je me suis sentie vivre, moi-même.

X parlait de la sensation de passer à coté de quelque chose. Oui j'ai cette sensation, mais pendant la concert, j'ai senti que j'étais à ma place (pas au début mais ensuite oui),.
Cela m'a permis d'oublier cette univers particulier qu'est la fac de droit (si quelqu'un a doute sur ce qui différencie cette filière d'une autre, je lui recommande de passer 3h dans un amphi de droit pour ressentir l'atmosphère, à mon avis vous n'aurez plus envie d'y mettre les pieds), ça m'a permis d'oublier cette indifférence que je ressens au fil des jours.

Ce concert c'était LE truc, qui me donnait la sensation que j'allais vers un but, vers quelque chose, et comme j'ai passé un très bon moment je suis simplement ravie =)

[...]


Et pendant tout le temps du concert, juste un mot: EXISTER !

Pas pour les autres, juste pour soi, Vivre pour soi, EXISTER, EXISTER pas pour la vie, ne même pas se dire "oui la vie est belle, oui j'aime la vie, patati, patata" juste s'aimer soi, juste être soi, s'assumer, assumer; se concentrer sur ce seul mot EXISTER, ne pas crier non, car crier c'est douloureux, juste être droit, DEBOUT !
Concentration optimale, je veux EXISTER, sans forcer agir, ne pas me laisser subir, juste me souvenir que je suis, ne pas accepter qu'on porte atteinte à mon moi.
Je n'ai même pas l'espoir de ne pas faiblir, il faut juste que je faiblisse le moins possible, j'ai même pas d'espoir je dois juste planter mes deux pieds dans la terre. Juste une volonté, EXISTER, DEBOUT, ÊTRE.
Je veux et j'exige, je veux et j'exige, je veux et j'exige, je veux et j'exige, je veux et j'existe, je veux et j'existe, je veux et j'existe, je veux et j'existe ! JE VEUX ET J'EXISTE !

pix: Punish Yourself of course =) qui ressemble assez à ça sur scène :p




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# Postato lunedì 16 novembre 2009 15:48

Modificato martedì 17 novembre 2009 16:05

Ahahahahah!!

Un spectre gît dans mon tiroir.


Je l'ai découvert là un matin, alors que j'étais à la recherche d'une lettre perdue. Cette lettre voilà des jours entiers que je la recherchais, enfin jours entiers tout est relatif.

Je suis professeur de français dans un lycée et j'aime mon métier. Aussi j'étais bien obligée d'aller faire mon cours à mes élèves comme n'importe lequel autre de mes collègues. Cependant j'ai moi aussi été élève et je sais pertinemment que les miens auraient accepté avec joie mon absence. Mais voilà, à ce jour il me restait encore un minimum de conscience professionnelle.

Pendant cette période Je ne fus pas spécialement aimable avec mes élèves. Plus irritable que d'habitude, je me figurais chaque minute passée devant eux comme une minute de perdues à mes recherches. A peine rentrée et déposée mon manteau que je me ruais dans toutes les pièces. La maison était grande et en beau foutoir.

Cette maison je l'ai hérité de mes parents, décédés il y a 2 ans. Leur mort m'a attristé mais elle ne fut pas brutale, étant tous les deux malades et se suivant dans la maladie, je m'étais faite à leur état qui se dégradait de jour en jour même si on ne s'habitue jamais tout à fait à un tel spectacle. Seulement je suis également dans l'age d'accepter et de supporter de tels évènements.

J'ai 29ans depuis quelques jours. J'ai fêté cette date en compagnie de mes amis les plus proches et plus fidèles. Tous, ont répondu présent ! tous par principe, mais une absence formait l'exception. Exception dont la personne n'était autre que l'auteur de cette lettre que je recherchais activement. J'avais décidé que le jour de mes 29 ans, qu'il serait alors temps de lire cette lettre, objet de toutes mes recherches. Pourquoi un tel acharnement, pourquoi un tel âge précisément ? Tout simplement parce que je me l'étais promis et c'est bien connu on tient davantage les promesses faites à soi-même que celles faites aux autres parce qu'alors son caractère contraignant semble s'effacer derrière le libre choix, notre libre-arbitre, oui notre liberté tant aimé ! Revenons un peu en arrière.

Le jour de mes 19 ans, j'étais en compagnie d'amis dont la plupart était encore présent pour mes 29. Je ne sais plus pourquoi mais quelques jours auparavant, je m'étais violemment disputé avec celle que je considérais comme ma meilleure amie. J'ai une nature calme d'extérieur mais à l'intérieur je bouillonne, on dit parfois de moi que je suis un volcan miniature. Après cette dispute et malgré l'attachement que j'avais pour elle, ma décision fut irrévocable, je ne voulais plus en entendre parler. Briser le lien férocement pour espérer ne pas avoir à faire face à une amitié brisé, à une amitié à réparer, bref j'ai eu la lâcheté de m'enfuir plutôt que de tenter d'agir en adulte, en adulte consciente ? Si on n'est pas sérieux quand on a 17 ans, alors je l'étais atrocement à 19. C'est ce jour de mes 19 ans que j'ai reçu sa lettre. Toujours disposé à l'ignorer, je ne choisis pas la radicalité que la colère m'aurait commandée de faire. Je n'étais pas en colère. Je ne brûlis ni ne détruisis sa lettre, mais j'ai fais appel à ma mère en lui priant de cacher la lettre. Qu'elle la mette dans un endroit secret de la maison, connu d'elle seule et qu'elle ne divulgue l'endroit à personne, pas même à moi. Oui cette fille...nous avons été proches pendant de longues années et c'est pour ce temps, pour ces souvenirs, pour ce lien de jadis que je n'ai voulu détruire ce morceau de papier. Mais où aurait été l'intérêt de le conserver si c'était pour ne rien en faire ? Non, il fallait une action symbolique.

J'ai alors décidé que je la retrouverais cette lettre et la lirais10 ans plus tard. Et peu à peu cette fille sortit complètement de mon esprit. J'ai appris à la considérer comme quelqu'un d'étrangère, d'extérieure, une inconnue en somme, j'ai fais un dur travail sur moi-même, un travail de chaque instant, au quotidien, me la rappeler pour être un jour en mesure de l'oublier, de l'effacer de ma vie, de ma mémoire, considérer qu'elle n'a jamais existé. Mais pour cela il me fallait du temps et de la réflexion. Pour l'oublier complètement j'ai mis un an. J'ai réussi à programmer mon cerveau pour ne me rappeler son existence que l'année dernière, quelques mois avant mes 29 ans. L'année dernière car avant je n'osais pas toucher aux affaires de mes parents. Je ne vivais plus à la maison mais quand j'ai accepté pleinement leurs décès je décidais de m'y réinstaller et j'ai racheté les parts de mes s½urs. C'est en parcourant cette maison pleine de souvenirs, d'odeurs, de saveurs, d'invitations, que peu à peu, au fil des minutes et des heures, que je me suis souvenue de l'existence de cette fameuse lettre.

J'ai 29 ans et je me sens devenir folle. Je dois absolument retrouver cette putain de lettre parce que c'est ainsi, parce qu'il est drôle parfois de revenir sur un passé lointain, parce que je l'avais décrété ainsi. Coralie m'était chère, nous étions toujours là pour nous rendre service, toujours là pour se soutenir, pour parler, délirer, s'épancher sur nos malheurs idiots ou plus subtiles, pour rire, s'aimer de cette amitié de jeunes filles. Nous étions persuadées que les études supérieures n'entacheraient en rien notre amitié, nous avions la certitude que notre amitié perdurait au-delà de l'adolescence, qu'elle évoluerait, certes, vers une relation amicale plus adulte mais toujours sincère et présente. Mes 19 ans ont rompu ces v½ux.

A mes heures perdues je tire les cartes, oui le fameux tarot. Un jour, peu avant les évènements de mes 19 ans, le tirage fut absolument mauvais. Il y avait l'idée de rupture, d'un achèvement malheureux, une idée de souffrance, seule la carte du chariot pouvait receler une once d'espoir, avec cette idée de fuite en avant... J'admets que sur le moment je n'en ai pas cru mes yeux, je suis d'un naturel très optimiste alors j'ai mis cette funeste interprétation sur le compte de la fatigue et j'oubliais totalement cet épisode. Quand nous nous sommes disputées avec Coralie j'ai songé à mon tirage. Cela me fit hérisser les poils du bras. Si c'était un simple hasard alors je m'en serais bien passé ! Quand j'interrogeais à nouveau les cartes après notre dispute pour connaitre la démarche à adopter, elles refusèrent de parler un langage autre que celui du libre arbitre. J'étais encore jeune et fougueuse à l'époque et j'ai donc donné la lettre à maman.

Depuis j'ai grandi, évolué et mûri. Je suis passée de jeune fille, à jeune femme puis enfin femme indépendante. Oui, j'ai pris mon indépendance et j'ai mené ma vie de la seule façon dont je l'entendais. Ma défunte mère acceptait mes choix mais plus le temps passait et moins j'acceptais les critiques négatives qu'elle pouvait formuler à l'encontre de ma vie. Elle ne me reprochait rien quant à ma vie professionnelle mais elle s'inquiétait beaucoup pour ma vie privée. Sans être libertine, je sortais beaucoup étant ado et j'ai continué de même à l'age adulte, passant d'homme à homme, sans connaître d'autres attaches que celui de la liberté. Je sais que maman aurait aimé me voir installé dans une relation sentimentale stable avant de mourir, qu'elle aurait voulu que je lui présente mon amoureux de manière officielle sans pour autant promettre mariage et enfant. Je retardais toujours ce moment. Quand je sentais que j'étais bien avec mon amoureux je m'en séparais dans le dessein de retrouver ma liberté et de repartir à la conquête de la séduction d'autres hommes, s'arracher de ce qui est aimer pour ne pas venir à le regretter le jour où le lien se brisera de lui-même, provoquer plutôt que de subir, faire mal qu'avoir mal, briser avant d'être émiettée.

J'étais seulement capable de me poser en amitié. Seule Coralie fit exception à la règle et encore nous avons été amies pendant de longues années. Maintenant tel que je me l'étais promis il y a 10 ans, je dois la retrouver, Elle, enfin ce morceau d'Elle avant de la retrouver tout entière. Dans ma hâte j'ai fouillé n'importe comment la maison, sans aucune méthode, hier soir je me suis même pris un verre d'alcool en espérant que. Vaine tentative. Je recommence donc cette fois pièce par pièce. J'ai achevé la cuisine et la première salle de bain et il me reste tant d'autres pièces...Et mes élèves, un ramassis de larves, d'ados léthargiques, mon dieu, dire que j'ai été comme eux ! J'ai pourtant essayé de choisir de la littérature moderne, de faire des références à des auteurs connus, de ne pas m'arrêter aux classiques bien endormants dont personne n'échappe... Rien, complètement amorphes, tout le contraire de moi qui sent mon sang bouillonner avec la rage de l'impatience. J'ai appris hier qu'ils avaient cours de sport juste avant.

C'est dingue tout de même une maison, cela fait plus d'un an que je la remets en ordre, que je la range, trie, jette, répare, rafistole, et je tombe encore sur de petits trésors. Ici une écharpe oubliée de maman, là le verre préféré de papa. Je retrouve aussi les objets laissés ou oubliés par mes s½urs aimées quand elles ont quitté la maison. Je leurs ai fait un paquet pour chacune. Afin que nous soyons toutes détentrices de ce monceau de notre passé, et puis je n'ai pas à m'accaparer ce qui était à elles. Mes chères s½urs. Leurs aides m'ont été précieuse au décès des parents, ce après quoi, elles sont ensuite reparties chez elles, assez loin. J'irais les voir bientôt, après avoir retrouvé Coralie.

Je ne pense plus qu'à elle. Elle devient une obsession. Qu'a-t-elle voulu me dire dans cette lettre ? Est-il bon de remuer, de chercher à renouer avec son passé ? Je n'ai, jamais je crois, manqué à mes promesses, il est vrai que j'en formulais peu. Ainsi comme je me le suis promis, je dois lire ce bout de papier qui repose dans un coin obscur de la maison. Cela va faire 1 an que je me suis réinstallé dans la maison, 2 ans que mes parents sont décédés, 9 ans que je l'ai oublié, 10 ans que j'avais juré de le faire. Le délai est écoulé je dois effectuer ce plongeon dans le passé pour rebondir à l'assaut d'un nouvel avenir. Voilà 10 jours que je ne pense plus à rien d'autre, 10 jours de recherches vaines, 10 jours parce que je manque d'un temps cruel, 10 jours parce que tous ont remarqué ma fatigue et m'ont mandé de me reposer.

J'y étais presque pourtant. Un picotement avait soudain saisi mes doigts, une sorte de nausée s'était emparée de moi quand à la porte on sonna. J'allais négliger d'ouvrir mais la porte s'ouvrit d'elle-même et le directeur, on dit plutôt proviseur, du lycée où je travaillais, vint me trouver. J'apprécie beaucoup cet homme, nous dînons parfois ensemble. Il est aimable, cultivé, raffiné sans trop en faire, alerte et autoritaire. Il me dit que mes collègues ont remarqué mon état et que lui veut comprendre. Je n'ai rien voulu lui dire. Je n'avais qu'une hâte : qu'il parte. Car les picotements m'annonçaient la proximité du but à atteindre. Mais cet idiot resta, insista et quand j'ai enfin réussi à le faire prendre congé, toute trace de picotement et de nausée avait disparu, me laissant là, désemparé au milieu d'un fouillis inimaginable.

Je décidais un jour où je ne donnais pas de cours, d'effectuer une pause. Pour rigoler je me suis pesée. Effrayant. 7 kilos en moins et des cernes...impressionnantes ! Je comprends l'inquiétude de mes collègues. Cette journée ne fut remplie que de repas et de sommeil. Et puis pendant la nuit, un drôle de rêve. J'avançais dans ma chambre, les mains tendues en avant et mes pieds qui butèrent dans un coin du mur. Ce rêve était étrange, il me semblait que la douleur était réelle. Je parviens alors à me réveiller. Le jour commençait à filtrait, m'offrant la lumière suffisante pour me repérer. Je m'étais en somme, offerte une séance de somnambulisme. En face de moi, le tableau ! Je l'avais pourtant déjà déplacé. Je l'ai repris, l'examiné, rien. Dans le mur j'ai remarqué brusquement un anneau. Il était censé servir d'attache au tableau. Je tirais dessus et un pan du mur d'un millimètre se détacha, laissant apparaître...quelque chose ressemblant à un tiroir encastré dans le mur. Après avoir prise une profonde inspiration, je l'ouvris. Une étrange odeur d'encens, de papier vieilli et de moisissure s'en détacha. Cela me fit tousser. Ce ne pouvait être que ce que je cherchais. Un tiroir rempli de papier que je sortis fébrilement un à un jusqu'à tomber sur la lettre tant désirée. Après un lap de réflexion je me suis aperçue que ce tiroir n'était pas n'importe lequel. Petite, j'y mettais mes objets chers jusqu'au jour où dans un accès de colère je l'ai balancé par la fenêtre. J'ignorais que maman l'avait récupéré, j'ignorais cette cache dans ma propre chambre. J'ignorais ces papiers, ce secret.

Ces papiers avaient été déposés par maman tout au long de ma vie. C'était des petites notes, des souvenirs, des photos, des coupures de journaux qu'elle avait caché ici pour que je les retrouve adulte. En les lisant, j'appris énormément de chose, sur elle, sur moi, notre famille, mais aussi l'époque à laquelle j'avais vécu. C'était un véritable morceau d'histoire, une leçon de vie. Il faudra les regarder en détail plus tard. Car tout au fond reposait comme une colombe morte la lettre de Coralie, que je reconnu à son écriture italique. Pour me mettre dans l'ambiance, j'ai allumé une bougie. A la fin de ma lecture, j'explosais de rire.

Ma bonne amie était morte. Elle s'est suicidée 2 mois après l'écriture de la lettre. Elle dit attendre un signe de moi, que je la recontacte, qu'elle a besoin de ça. Elle dit avoir besoin de moi, ou plutôt de notre amitié, que seul cela lui donnera la force de continuer à avancer. Preuve qu'elle ne s'est pas contentée de reculer, elle a même sauté à pieds joints dans le retour vers le néant. Sa lettre m'offrit la révélation, de son changement d'attitude des dernières semaines. C'était un soir nous étions sorties en boite de nuit. Dansés toutes la nuit, comme des folles, se laissant courtiser et draguer par des individus de tout genre. Nous avions un peu bu et Coralie avait du quitter la boite au bras d'un de ces garçons, c'était lui qui la raccompagnerait chez elle. Moi je restais pour dessaouler avant de rentrer seule en voiture. Nulle méfiance. Elle m'apprit pourtant que ce type l'avait violé. Elle n'avait pas voulu me le dire, pour que je ne culpabilise pas d'avoir manqué à ma promesse de toujours repartir ensemble des boites de nuits, toujours repartir ensemble de là où nous étions arrivées ensemble, de nous méfier mutuellement des garçons avec lesquels nous traînions, surtout quand ils n'étaient pas de notre bande d'amis.

Notre dispute était intervenue quelques semaines après. Mon regard se détourna de la lettre et un feuillet attira mon attention. Une page de journal, les actes de décès, le nom de Coralie y figurait. C'était maman qui avait placé ça là. Merci. Merci d'avoir respecté mon silence. C'est vrai que je n'habitais plus à la maison, mais en chambre dans la ville d'à coté, pour les études, elle a du penser que je le savais. D'ailleurs, tous ont du penser cela...ou alors ils me connaissaient assez pour savoir, que, peu important la nouvelle, il ne me fallait plus me parler de cette fille.

La nausée m'envahit, un brouillard s'installa tout autour de moi et un spectre jaillit, celui de la culpabilité. Je le vis se dresser devant mes yeux, et dans les siens j'y lisais la mort de Coralie. Le spectre vint même à mon oreille et me chuchota : jamais nulle promesse ne se défait, et il répéta cette phrase plusieurs fois. Quand il voulu s'introduire en moi je le repoussais avec force, je hurlais. Il était hors de question qu'il vienne rompre la stabilité de ma vie ! Le passé était ce qu'il était, dorénavant c'était le futur qu'il fallait construire, c'était pour vivre le futur que j'avais accepté de retrouver les cendres du passé !

Je suis sortie de ma torpeur. Il était plus tard que je ne le croyais, environ midi. J'ai pris une douche, mangé et allumé un feu de cheminée. J'y ai mis absolument tous les papiers et quand le feu eu finit de les détruire je formulais une ultime promesse : « toute nouvelle promesse sera pour moi comme nulle ». Et un cri énorme émana de la cheminée. Le spectre. Il hurlait, hurlait à m'en briser les oreilles. Je promis alors à Coralie, le spectre sentant mon hypocrisie, hurla de plus belle. Je lui ordonnais de se taire. Il continua. Son cri montait avec les flammes dans le conduit de cheminée. Les murs vibraient de sa douleur. Alors j'ai pris un seau d'eau et j'ai éteint lentement le brasier des cendres du passé. Quand on frappa à la porte, le spectre s'était tu... C'était le proviseur. Ravi de me voir autant en forme et resplendissante en ce jour de victoire, il me fit sa déclaration et me demanda en mariage. Je l'embrassais et 6 mois plus tard, je me soumis à lui, comme on dit, pour la vie.
Au surlendemain du mariage, je retrouvais le lit d'un amant de lycée retrouvé lors de la cérémonie, et quand je m'en suis à nouveau lassée, je suis repartie vers d'autres cieux d'oublis.

04/01/08
10/11/09
Ahahahahah!!
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# Postato lunedì 16 novembre 2009 14:51

16 septembre 2008

16 septembre 2008
Plume et encre


Le tem
ps influence beaucoup l'humeur du jour. De trop. Il fait froid et beau. Je vais bosser mes cours, dommage pour le froid. J'aime écrire à la plume, cela offre de nouvelles sensations. Le bruit est agréable. Il est possible d'écrire avec n'importe quelle écriture. Il faut juste respecter la plume et ne pas faire d'économie sur l'encre. L'encre sous forme de cartouche peut convenir à la plume du moment que l'on trouve un récipient APPROPRIE pour y verser l'encre et plonger la plume. Evidement l'écriture à la plume implique une patience, il ne faut pas être pressé. Vouloir imposer un rythme trop rapide à la plume et vous risquerez d'entendre ces cris et de sentir sur le papier sa douleur. Mais au final le nombre d'inconvénient est faible, au plus juste il faut parler de précaution. Quand j'écris la Forêt Sans Nom ma plume avance rapidement sur le papier. L'encre noire prend possession des lignes à mesure que les phrases sont transmises à mon poignet. Ici j'écris de la manière que je le ferais avec un stylo ordinaire. Ici point de tâche ou de rature. A première vue il ne paraît pas évident de deviner que ces mots sont tracés à la plume. En écrivant avec ce matériel, je m'offre le luxe de la sensation d'une autre époque. De me retrouver dans le corps d'un écrivain face à lui-me, qui trace seul des lettres sur une feuille de papier. Lettres qui donnent lieux à des mots qui eux-mêmes forment des phrases. Mais quel est mon but en écrivant, là, maintenant ? Il est simple, simple de naïveté. Je souhaite juste prolonger cet instant, avec la radio allumée, éclairée à la lumière du jour. Je souhaite juste continuer à savourer à écrire, à voir la page se noircir. Bien-être, en ces instants il serait dur de m'énerver. Et je vais continuer à écrire, jusqu'à arriver au bas de cette page. Puis je me lèverais, sortirait de cet état de transe et m'attèlerais à toute activité essentielle au déroulement d'une journée. Mais j'ai encore un peu de temps devant moi, du moins je l'espère. Un nuage vient de cacher le soleil. Ma chambre est subitement plus sombre et tout aussi froide. Et si le nuage ne partait pas ? Va-t-il obstruer le soleil longtemps et me priver de la luminosité de ses rayons ? Apparemment son intention est de jouer. Il fait froid, ma chambre est froide, mon corps sans doute aussi. J'écris sans avoir rien à dire et pourtant depuis le haut de la page, ma plume ne s'arrête que pour se nourrir d'encre bleue. D'une encre qui sur le papier prend la couleur de mes yeux. Yeux que j'aime. Je sens des frissons me parcourir, je sens mon regard se poser sur la feuille en se concentrant davantage que tout à l'heure ou comme tout de suite où un rayon de soleil illumine mon bureau. Enfin cette page est remplie. Enfin, l'écriture me libère momentanément, car c'est elle qui me tient. Enfin...

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# Postato domenica 01 novembre 2009 15:51

Velours empoisonné

Velours empoisonné
Velours empoisonné


Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
A ce qu'elle voulait elle obtenu.
[Passer de la lumière à l'obscurité. Faire ce choix mais n'en saisir qu'une partie. Croire que tout est alors qu'il n'est rien.]
Qu'il est beau ce monde où tout les gens sont vêtus de noir, qu'ils sont beaux tout ces être se mouvant sur le rythme lent de la musique, quel spectacle surprenant. Pourquoi sont-ils toujours en noir ? Quel deuil malheureux ont-ils à faire ? Pourquoi du noir, alors que l'astre générateur de vie est-il jaune ? Le noir est-elle la couleur de la mort ? Sont-ils donc tous là à la célébrer ?
S'approcher de ce monde, le dévorer avec des yeux ronds comme on se régale d'un gâteau au miel. Saisir le fruit attiré par sa peau sans oser mordre dedans. Ne ressentir que cette attirance de l'apparence sans oser rejoindre le c½ur du fruit pour en saisir toutes ses voluptés.
Elle voulu pénétrer dans ce monde. Elle se présenta à la porte dont on lui refusa le passage. Refoulée, elle éclata en sanglot. Ce monde de la nuit n'est-il donc réservé qu'aux personnes aux habits des ténèbres ?
Il est moins aisé qu'il n'y parait de croquer dans le fruit. Mais tout ne sera qu'une question de temps.
Les jours suivant, elle retourna à ce lieu où danse les êtres gothiques. Elle ne chercha pas à pénétrer le lieu cette fois. Elle se posta simplement à quelques pas de là, et attendit. Elle attendit que ces créatures émergent des ténèbres nocturnes pour se rendre à la piste de danse. Comme la plupart des soirées, cette piste ne s'offrait à ses demandeurs que les samedis soirs, et souvent de façon non continu. Le premier samedi suivant son premier essai, elle eu de la chance, la piste était ouverte. Pendant deux heures, elle resta là, à observer le va et vient, les allers et retours de ces créatures démoniaques. Elle observa leurs vêtements, nota les différences de styles. Ici c'était une dame à la robe longue et noire, avec un haut de dentelle et de multiples fioritures. Souvent cette dame portait les cheveux longs et noirs, couleurs corbeaux. Parfois c'était cette fille, habillée de vinyle ou de cuir, avec de temps en temps des accessoires étranges, comme un fouet ou une cravache. Parfois encore c'était cette homme, habillée comme un lord du 19è siècle, parfois ce garçon aux cheveux noirs de jais en bataille, avec des pics partout et un air peu aimable. Parfois et encore, pleins d'autres styles, pleins d'autres looks, pleins d'autres gens. Elle observa également les maquillages. Les femmes portaient le teint pâle et les yeux cerclés de noirs. On pouvait apercevoir des dessins au coin des yeux, les lèvres étaient de couleurs prononcés, tantôt noir, tantôt rouge, violet, bleu foncé. Les cheveux aussi, autant que le look ou le maquillage, ils étaient à eux seuls un véritable spectacle à observer. La majorité était de couleurs noires, mais des fois on y apercevait des mèches rouges, bleus, violettes, oranges, blondes, vertes. Des fois ce n'était pas que des mèches mais une chevelure entière. Les habillements les plus simples côtoyaient les plus sophistiqués.
Comment s'y retrouver ? Pourquoi autant de différence ? Pourquoi autant de recherche ? Pourquoi tout cela pour simplement transpirer sur une piste de danse où les vêtements sont parfois insupportables à garder ?
Mais ne font-ils que danser ?
D'après les regards épuisés des gens qui sortaient, d'après les vêtements qui ne flottaient plus au vent, nul doute qu'il y avait danse puisqu'il y avait des relents de sueurs jusqu'au dehors...
Elle constata que bien souvent, après leur sortie définitive des lieux les gens lui semblaient bien moins impressionnants. Les maquillages coulants, faisaient des visages des peaux engluées de noirs où on ne distinguait qu'avec peine les yeux, d'une bouche, d'un dessin. Il semblait qu'au final ces créatures si bien apprêtées ne connaissaient pas le secret de l'éternel beauté, et de la jouvence éternelle. Elles retombaient alors du piédestal sur lesquelles elles s'étaient autoportées. La fin de la danse ne signifiait pas seulement la fin de l'amusement, c'était aussi la déchéance du pouvoir, la perdition du seigneur qui méprise ses serfs.
Il fallait parfois attendre longtemps pour savourer ce spectacle, mais l'attente justement était le prix à payer pour le contempler, car déjà elle avait saisi que dans la vie rien n'est jamais gratuit.
Embusquée dans ce carré de pierre, elle s'y rendait chaque samedi dans l'espoir fou d'assister à ce spectacle devenu son préféré. Elle remarqua des personnes venant régulièrement, elle remarqua ceux qui se sentaient perdus ou gênés par ce look qu'ils abordaient le temps d'une soirée, elle nota les habitués, saluant tout le monde, tout le monde les saluant. Elle perçu dans l'air les lignes invisibles qui dirigent les destinés et guident les êtres. Elle observait tout cela parfaitement immobile, le plus près possible du sol, telle une espionne. Un soir cependant, elle commit l'imprudence de se hausser légèrement. Le rayon de lune accrocha alors une mèche de ses cheveux, et là-bas dans la file d'attente, un vampire tourna les yeux vers l'endroit où elle se tenait. Elle se rejeta immédiatement contre le sol, et n'osa relever les yeux qu'après un laps de temps suffisamment long lui assurant le départ du vampire.
Et voilà le mal était fait, quelqu'un l'avait percé. Une pause s'imposait.
Elle abandonna donc son poste d'observation de la vie nocturne, et retourna se glisser parmi les vivants journaliers.
Est-ce qu'ainsi les fantômes, les êtres de noirs ne sont-ils visibles que la nuit et transparent le jour ?
Surprise, elle décida donc de s'atteler à la découverte de ce nouveau mystère, et ses observations de nuits se transformèrent en observations de jours. Chaque jour, elle se posa à un endroit ou à un autre, et chaque jour elle apprit à aiguiser son regard, à en transpercer les gens, à dévoiler leurs âmes, sans qu'ils ne sentent rien d'autres qu'une étrange sensation de nudité.
Et parmi cette foule qui peu à peu perdit son caractère compacte, des visages et des silhouettes se détachèrent. Ici elle reconnut un profil de visage, ici une démarche particulière, là encore un habillement.
Progressivement les corbeaux de la nuit, sans pour autant se transformer en colombes blanches, devinrent des humains.
Son esprit assembla alors les corps, il mit en relation le vague souvenir d'un regard avec le contexte du jour. Pour d'autres un seul effort de repérage suffisait, puisque leurs accoutrements de jours comme de nuits ne différaient que peu. Quelle ne fut pas sa surprise cependant quand elle reconnut dans les traits de l'homme en costard cravate patron d'une des banques les plus importantes de la ville, celui qui serrait toutes les mains sur la piste et dont le look détonait par son absurdité. Et pourtant c'était bien lui, elle le reconnaissait bien à présent, celui-là même qui l'avait découverte de son poste d'observation.
Cet homme devint sa proie préférée. Pour autant elle ne se limita pas à lui, désireuse toujours d'approfondir sa perception du monde des ténèbres.
Mais le jour ne lui apportait que la sensation que ces gens étaient monsieur et madame tout le monde. A trop les regarder, ils perdaient de leurs attraits, et bientôt elle se prit à rêver ce qu'elle avait observé pendant des soirs sur les bords de la Seine.
Et puis un soir, au journal télévisé, quelques brèves images présentèrent en quelques mots trop courts un des lieux qui ressemblaient beaucoup à celui où elle allait espionner ces gens tout de noirs vêtus. Ainsi ces lieux n'étaient pas en marge du monde ? Ils existaient bel et bien ? Ils étaient même connus, ce n'étaient pas des lieux secrets connus seulement des initiés ?
Mais avec quel effroi le journal en parlait-il. Il pesait ces mots, mais la façon dont cela était dit, faisait ressentir toute la distance que les gens normaux prennent par rapport à ces lieux de rendez-vous des sombres marginaux.
Aux personnes dans la pièce présente avec elle, elle avoua que ces lieux l'intriguaient. On la regarda bizarrement, la détaillant même des pieds à la tête, et puis ils prirent cela pour une lubie de petite fille, attirée par ce qui est interdit.
Ils n'acceptent pas les gens qui ne sont pas habillés comme eux, leurs dit-elle. Les remarques virulentes qui suivirent son affirmation, et les sarcasmes en tout genre lui donnèrent la sensation qu'ils approuvaient les paroles du journal.
Pourquoi ce monde apeurait-il les autres ? Pourquoi tant de rires, tant d'effarement et tant d'horreur dans les propos ? Le noir fait-il peur ? La mort était-elle si désastreuse qu'on n'ose plus rire d'elle ? Elle avait entendu le mot « secte ».
Le monde de la nuit est une secte bien large alors. Tellement, que chacun à un moment de sa vie y entre. N'a-t-elle pas croisé à de multiples reprises des personnes toutes de noirs vêtus lors d'enterrement ? Ne célébraient-elles pas elles aussi le monde de la nuit ? Oh certes le jour étincelait, mais elle avait constaté que parmi ces créatures de la nuit, certaines gardaient leurs vêtements des ténèbres même la journée. Ces gens là d'ailleurs ne l'intéressaient pas. Où était le mystère, où était l'intérêt, que dis-je où était la secte, si de jour comme de nuit les êtres étaient couleur granit ?
Son comportement était comme celui de l'enfant hypnotisé par le feu, qui le regardant pendant des heures, s'en approche davantage à chaque seconde, et à l'instant où il croit l'avoir dompté, s'y brûle. [Qui s'y frotte s'y pique !]
Il fallait donc y retourner. La façade était observée, mais maintenant il était temps de percer le secret, de percer le mystère, de déloger le vers du fruit. Elle arrêta un instant le cours de sa pensée et la dirigea vers une autre question. Qu'est-ce qui faisait la différence entre elle et eux ? Comment parvenir à introduire un monde aussi défendu aux athées pour la porte du Paradis ? Qui sait, peut-être si avec un peu de noir et un peu de deuil elle pourrait s'y faufiler ?
Mais qui avait-elle à pleurer ? Tout les gens qu'elle connaissait étaient si bien vivants.
Elle commença donc par faire le deuil du jour. Un matin à son réveil, elle déclara qu'elle n'aimait plus le jour, et resta donc dans son lit. Elle s'éveilla dans la nuit et descendit parcourir la ville. Malheureusement, il est malaisé de remplir ce qui doit être fait le jour, la nuit. Ce n'était donc pas la bonne solution de renoncer au jour, de plus elle avait constaté que ces créatures de la nuit vivaient bien le jour sous l'apparence de Mr et Mme Toulemonde. Elle n'avait donc pas à changer son quotidien concrètement. Mais ce qu'elle pouvait changer, c'était sa façon de l'aborder.
Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
Elle se rendit dans quelques magasins qu'elle connaissait bien et en ressortit les bras chargés de paquets remplis de fringues noires. Elle s'essaya à les assembler. Etait-ce bien elle dans ces vêtements noirs sans aucune couleur ? Oh comme c'était laid sur elle, comme cela ne lui ressemblait pas !
Elle se força pourtant à les porter et au bout de quelques jours il lui sembla qu'elle les avait porté toute sa vie durant. Mieux elle en vient même à s'apprécier physiquement en les portant. Pour l'aider dans cette entreprise douloureuse, elle contacta un ami à elle afin qu'il lui procure de quoi se droguer. La drogue lui permit de révéler un nouvel aspect de sa personnalité. La drogue lui donna l'envie à son tour de danser, et elle se surprit à chercher et télécharger de la musique sur Internet pouvant remplir ses attentes. Elle ne fut pas déçue.
Désormais ces soirées se passaient à danser sur des musiques et des rythmes hypnotiques, toute de noir vêtu. Le jour elle se consacrait à ses activités habituelles, il fallait bien vivre. Mais le manque de sommeil lui cerna le visage, elle perdit peu à peu ses couleurs de jeune fille et son teint devint blafard.
Elle fut renvoyée de son travail. Pourquoi ces monstres ne voulaient-ils plus d'elle ? Parce que même au travail elle arrivait avec ses nippes trop dark pour eux ? Fallait-il donc se conformer aux règles dans le travail que la société exigeait sous peine de s'en voir disqualifié ? Pourtant elle n'avait pas changé, ses fringues n'altéraient pas la qualité de son travail. Il est vrai cependant qu'elle arrivait au travail de plus en plus fatigué. Une de ces anciennes collègues qu'elle rencontra par hasard dans la rue, lui avoua tout bas, que son image effrayait les clients.
Il était hors de question qu'elle se trahisse et qu'elle change pour une sordide histoire d'argent. Elle avait quelques économies, il convenait maintenant d'y prêter attention. Elle décida de réduire au maximum ses dépenses en électricité. Elle retira toutes les lampes, décidant de n'en garder qu'une dans la pièce principale et de miser sur l'éclairage de bougies. Elle vendit sa caséinière et se contenta d'un micro-onde. Elle rongea sur tout les bouts de ce qui ne lui semblait pas indispensable.
Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
Une vie plus austère lui convenait parfaitement. Mais un jour après s'être trop approché d'une bougie pour déchiffrer les pages de son livre, sa chevelure s'enflamma. Elle parvient à éteindre le tout mais ces cheveux étaient gâtés. Détour par chez le coiffeur, elle en ressorti les cheveux ébènes mais s'arrangea pour conserver quelques mèches rougies par les flammes.
Le soir même elle sortait se promener dans la ville. Elle marcha, sans but aucun dans les rues, juste pour le plaisir de se couler dans les ténèbres. Et l'eau noire de la Seine, et le souffle glacé du vent.
De retour dans sa chambre, son regard attrapa furtivement le reflet du miroir et son visage revêtit alors un sourire d'une sincérité à faire pâlir les morts.
La drogue, ça c'était bon. Elle planait. Elle n'avait pas besoin de beaucoup, juste une fois par jour, ses fringues la droguaient davantage que la poudre mais les deux allaient de pairs.
A chaque pas, à chaque seconde, à chaque minute de jour, à chaque souffle, à chaque levée de lune, à chaque lueur d'étoile...elle s'approchait davantage de ce but secret qu'elle se rêvait d'accomplir.
Voyait-elle la dégradation de son corps ? Voyait-elle les cernes qui apparaissaient ? Voyait-elle l'engrenage dans lequel elle se jetait ? Mais c'est qu'elle voyait tout ça et que cela lui plaisait...il y a de ces erreurs qu'on fait à 15 ans, mais a-t-on conscience que même à 20 leurs probabilités de se reproduire ne sont jamais nulles ? Etait-elle prête ?
Un soir, au coucher du soleil, toute de noir et de rouge vêtue, elle observait le paysage, bercé par la musique que son mp3 crachait à lourd volume. Sa tête dodelinait suivant le rythme violent de la musique, et elle savourait cet instant comme jamais, gavé par la drogue qu'elle avait ingurgitée. On lui tapa sur l'épaule. Derrière elle se tenait un homme d'une trentaine d'année environ, un métalleux d'après ce que son apparence laisser penser. Il avait quelque chose. Dans son regard. De noir, de mystérieux, comme elle aimait en somme, comme elle avait appris à aimer. Il attrapa un de ses écouteurs, et tout deux restèrent plusieurs minutes à écouter la musique ravageuse. Elle s'infiltra en eux.
Il changea de piste. Il changea de chanson jusqu'à tomber sur ce qu'il cherchait. La musique fit alors place à une boite à rythme hypnotique. A en voir son attitude, il devait être aussi bourré de drogue qu'elle. Il ferma les yeux et plongea dans son monde à lui. Elle décida de l'imiter. Le fil qui les reliait l'un à l'autre, semblait connecter leur cerveau. Doucement il passa une main autour de sa taille. Elle l'y laissa.
Il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser qu'il avait commencé à parler. Elle rouvrit les yeux, de sa main il lui désignait la Seine. Vois-tu là-bas, un peu plus loin, une soirée semblable à celles que tu observes sans jamais y participer, a lieu. Les ombres s'y donnent rendez-vous, elles dansent toute la nuit pour ne rentrer qu'à l'aurore. C'est une autre vie qui commence alors. Les ombres, c'est comme les fantômes et les assassins. On croit toujours qu'ils ne sont pas comme nous, que nous sommes très différents, qu'ils ne sont pas humains. Ce soir je t'invite à rencontrer les ombres, celles la même que je t'ai vu observer pendant des jours, celles la même que tu as tenté d'imiter, mais tu ne seras jamais elles, si tu ne pénètrent pas leurs souffles.
Elle le fixa...et le suivit. Le long de la Seine...il continuait à parler, à lui expliquer ce qu'elle savait déjà. Au bout d'un moment elle décrocha. Elle allait enfin aller danser avec les ombres, avec ces gens, dont pendant des semaines, elle tentait de singer la tenue, le costume et l'apparence. Ce type l'abordant comme si elle était l'une des leurs...n'était-ce pas le signe de sa maturité ? Qu'elle était prête à plonger dans ce décor qu'elle s'était contentée d'effleurer en pensée ?
Il lui paya l'entrée et elle se retrouva subjuguée parmi cette masse noire, la musique...encore une fois, c'était Elle qui était la plus présente. Elle qui menait la danse, Elle qui permettait à ces corps et à ces tissus de se mouvoir, d'onduler avec grâce ou avec rythme selon la salle de danse choisie. Il la rejoignit et se rendirent au fond de la salle. Salle magnifique, basse de plafond, en bois, tout autour de la piste des tables basses et noires et des fauteuils de velours noirs qui vous appelaient de leurs doux regards mielleux. Pour l'heure, seuls quelques couples s'y étaient installés. Les autres, tout les autres, dansaient. Etait-ce la drogue, était-ce la musique, était-ce l'ambiance ? Son corps se mêla aux autres et la danse l'avala.
Il l'observait, parfois se joignait à elle, collait son corps contre le sien, il regardait de l'½il jaloux les danseurs qui s'approchaient d'elle, pas forcément par intérêt mais parce que la piste était petite. Le temps filait mais elle n'en avait nulle conscience, elle jouissait d'un bonheur parfait. La chaleur des corps, l'odeur de transpiration, les gouttes de sueurs qui ruisselaient sur son visage ne rendait que la danse plus agréable. Elle sentit confusément que son maquillage noir coulait. Il lui tendit un verre, qu'ils allèrent déguster dans un endroit plus frais.
Quand elle leva son regard du verre, elle comprit que le reste de la nuit se passerait avec lui...et chez lui.
Elle s'éveilla le lendemain, nue, dans des draps inconnus, avec un homme qui alors n'avait plus du tout le même mystère et la même aura que la veille.
La pièce était toute petite et plutôt malodorante. Elle avait la bouche pâteuse, ses cheveux étaient sales, du sang avait coulé sur ses cuisses, elle se sentait animal.
Ils avaient fini la nuit tout les deux, leurs corps l'un sur l'autre, ils étaient allés jusqu'au bout de leur plaisir qui n'avait plus rien d'humain. Tels deux animaux amenés l'un vers l'autre.
Elle décida d'être extrêmement vigilante sur sa contraception. Il n'était pas possible que l'animalité qui les avait poussé dans les bras l'un de l'autre s'en aille ainsi sans laisser de trace...et si trace il y avait, nul doute qu'elle s'immiscerait dans son propre corps.
Elle rentra chez elle, avant le réveil de cet homme. Une douche lui remit les idées en place, mais au final celles-ci étaient très bien agencées. Elle s'alluma une clope et pour faire disparaître l'odeur nauséabonde fit brûler un bâton d'encens. La fumée de l'encens se mélangeait avec celle de la cigarette mais alors qu'elle tenait la cigarette vers le bas pour ne pas recevoir de cendres dans l'½il, le bâton lui était incliné vers le haut. La fumée d'encens montait, montait, elle allait se perdre dans l'atmosphère de la pièce, elle allait jouer avec les paliers d'airs, elle se divisait, s'enroulait sur elle-même, elle était libre, belle et fière, elle remplissait sa noble tache sensorielle.
Elle ne sut jamais ce jour là, si c'était l'encens ou la cigarette qui l'avait le plus apaisé.
Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
23h on toqua à la porte. C'était lui. Il venait la reprendre, il connaissait disait-il un autre endroit pour danser. Fatiguée, elle était fatiguée. Elle refusa, il la cogna, elle le suivit. Ils marchèrent pendant plusieurs kilomètres, elle perdit le fil. Ils se retrouvèrent devant chez lui. Elle demanda « on ne danse pas ? » il répondit « entre c'est ici »
Leurs corps dansèrent bien, la chaleur se répandit dans toute la pièce. Quand elle se retrouva libre, une vague de dégoût la submergea. [Elle vomit.]
La peur. Cet étrange sentiment l'a saisi les jours suivants. La crainte, la peur. De le voir débarquer chez elle. Les journées qui suivirent...un enfer de peur, d'appréhension, de douleur, de « et si ? » Ah mais avec des si, elle aurait depuis longtemps pénétré le secret de ses lieux dont elle rêvait, plutôt que d'attendre qu'on ne l'y emmène, plutôt d'attendre qu'on ne l'y soumette.
Elle apprit plus tard, qu'une autre soirée avait lieu...ailleurs. Cette fois, elle prit son courage pour y aller et seule ! Elle arriva à l'heure. Pas intimidée, elle se jeta sur la piste de danse, et la musique fut le seul démon qui la gouverna réellement pendant la soirée. L'homme, celui qu'elle avait espionné pendant de longs jours, le vampire, la repéra. Il lui offrit un verre. Ils parlèrent un moment, ses yeux se plissaient tellement elle se sentait heureuse du tour qu'elle lui jouait. Avant de prendre congé, elle lui avoua qui elle était. Il n'en fut pas surpris et l'aida même à se remaquiller. Elle lui prêta son crayon pour qu'il fasse de même. Uni dans les ténèbres.
La soirée, lui permit de nouer quelques liens brefs mais satisfaisant. Elle avait réussi à oublier absolument tout, tout le reste, même Lui. Elle partit. Arrivée dans les premiers, départ dans les derniers. Le petit sachet de poudre qu'elle avait apporté avec elle, lui avait été diablement utile.
Cette poudre. Elle vint à manquer. Les prix augmentaient, et sa consommation aussi. Ses « revenus » ne suivaient pas. Il était hors de question pour elle de reprendre un travail si elle devait pour cela abandonner la vie qu'elle entendait mener. La solution s'imposa bien vite et très naturellement. Lors de ses promenades nocturnes, elle s'était déjà fais remarquer. Elle n'eu qu'à grossir les traits, à ouvrir ses portes intimes, et bientôt l'argent y pénétra à mesure que les flux s'y succédèrent. Au bout d'un moment on apprend à oublier. On oublie ce qu'on fait, pourquoi on le fait, qui on est. Elle s'était perdue depuis longtemps, s'était-elle déjà trouvé ? Mais des réponses lui avaient été données, cela lui avait suffi, désormais c'était son corps qui s'abandonnait. [Suite logique.]
Rien ne dure jamais, tout se transforme, tout qui tourne, tout qui se défait. Les fruits aussi un jour pourrissent.
Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus eu de contact avec l'homme. C'était étrange. Il avait du passer à autre chose, à une autre nana à manipuler, à une autre poupée.
Elle ne parvenait pas, lui, à l'oublier. Son inquiétude grandit, la dévora...de l'intérieur, la crainte, la peur, la menace, l'épée de Damoclès au dessus de la tête. Son travail commença à la dégoutter. Les soirées ? Plaisir temporaire, le monde de la nuit ? Le monde des gothiques ? Oui un monde maléfique, mais quelle beauté ! Oui, quelle beauté ? Où est-elle ? Dans les courbes de la nuit et des déesses, dans le mystère féminin, dans les complaintes obscures et secrètes. Et si, en elle-même ?
Alors, à la sortie de la douche, elle s'observa nue dans le miroir. Pour tenter de découvrir une réponse. Son corps était recouvert de bleus, de traînés rouges, elle constata qu'elle avait bel et bien maigri, et la réponse lui sauta aux yeux. C'était LAID. Voilà, comment elle se trouvait dans le miroir, voilà ce que son regard lui renvoyait, elle était LAIDE !!! Laide à lui faire peur, laide ! à repousser toute créature si elle la voyait dans cet état. La décrépitude, la dégradation d'une jeunesse et d'une fleur. Elle eu envie d'en finir avec cette vision insoutenable. Elle eu envie de s'abîmer un peu plus, et de le sentir, de clamser, de mourir, de crever comme une chienne !!
Une de plus ou une de moins ? Elle choisit 2 de plus. 2 traces rouges de plus sur ses poignées. Elle se fit un rasage du corps dans le moindre détail. Prendre soin de soi, une ultime fois. Retirer toute trace de poil, avoir la peau douce, qui glisse, glisse, avec douceur. Une douche...cela est censé réveiller...cela ne fit que l'endormir un peu plus dans la torpeur de ses pensées. L'eau glissait sur elle, insaisissable, elle filait de sa tête aux pointes de ses cheveux, elle ruisselait sur ses paupières closes. Une fois sèche, elle se maquilla...un suicide doit se faire dans les règles de l'art. Elle passa simplement sur son corps un voile noir qui ne dissimulait rien de son corps, de ses courbes, de ses défauts et de sa perfection. Le bâtonnet d'encens embauma la pièce. Pour la première fois depuis des semaines, depuis ses retrouvailles imposées avec lui, elle se sentait...sereine.
Elle prit un nouveau rasoir, et avec délicatesse s'entailla un poignet après l'autre, la lame s'enfonçant dans la peau, et laissant perler un sang rouge et pur.
Les globules rouges glissèrent le long des poignets, des bras, ils tachèrent le voile qui ne parvenant pas à tout absorber étala le sang sur tout le corps. Elle fit remonter les incisions sur son avant-bras, permettant à davantage de sang de s'écouler. Il poursuivit sa course folle et délicate. Elle se leva. Le sang ruissela sur ses jambes, jusqu'à ses pieds, jusqu'au sol...la porte de l'appartement s'ouvrit avec fracas ! De surprise, elle chancela, elle attrapa du regard la personne qui entrait dans la pièce...c'était Lui. «Evidement » eu-t-elle juste le temps de penser, avant que sa tête ne vienne se fracasser sur l'évier en béton.

O5/06/08

Photo : lesblessuresdelombre
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# Postato sabato 24 ottobre 2009 15:36

Modificato sabato 24 ottobre 2009 16:01