16 septembre 2008

16 septembre 2008
Plume et encre


Le tem
ps influence beaucoup l'humeur du jour. De trop. Il fait froid et beau. Je vais bosser mes cours, dommage pour le froid. J'aime écrire à la plume, cela offre de nouvelles sensations. Le bruit est agréable. Il est possible d'écrire avec n'importe quelle écriture. Il faut juste respecter la plume et ne pas faire d'économie sur l'encre. L'encre sous forme de cartouche peut convenir à la plume du moment que l'on trouve un récipient APPROPRIE pour y verser l'encre et plonger la plume. Evidement l'écriture à la plume implique une patience, il ne faut pas être pressé. Vouloir imposer un rythme trop rapide à la plume et vous risquerez d'entendre ces cris et de sentir sur le papier sa douleur. Mais au final le nombre d'inconvénient est faible, au plus juste il faut parler de précaution. Quand j'écris la Forêt Sans Nom ma plume avance rapidement sur le papier. L'encre noire prend possession des lignes à mesure que les phrases sont transmises à mon poignet. Ici j'écris de la manière que je le ferais avec un stylo ordinaire. Ici point de tâche ou de rature. A première vue il ne paraît pas évident de deviner que ces mots sont tracés à la plume. En écrivant avec ce matériel, je m'offre le luxe de la sensation d'une autre époque. De me retrouver dans le corps d'un écrivain face à lui-me, qui trace seul des lettres sur une feuille de papier. Lettres qui donnent lieux à des mots qui eux-mêmes forment des phrases. Mais quel est mon but en écrivant, là, maintenant ? Il est simple, simple de naïveté. Je souhaite juste prolonger cet instant, avec la radio allumée, éclairée à la lumière du jour. Je souhaite juste continuer à savourer à écrire, à voir la page se noircir. Bien-être, en ces instants il serait dur de m'énerver. Et je vais continuer à écrire, jusqu'à arriver au bas de cette page. Puis je me lèverais, sortirait de cet état de transe et m'attèlerais à toute activité essentielle au déroulement d'une journée. Mais j'ai encore un peu de temps devant moi, du moins je l'espère. Un nuage vient de cacher le soleil. Ma chambre est subitement plus sombre et tout aussi froide. Et si le nuage ne partait pas ? Va-t-il obstruer le soleil longtemps et me priver de la luminosité de ses rayons ? Apparemment son intention est de jouer. Il fait froid, ma chambre est froide, mon corps sans doute aussi. J'écris sans avoir rien à dire et pourtant depuis le haut de la page, ma plume ne s'arrête que pour se nourrir d'encre bleue. D'une encre qui sur le papier prend la couleur de mes yeux. Yeux que j'aime. Je sens des frissons me parcourir, je sens mon regard se poser sur la feuille en se concentrant davantage que tout à l'heure ou comme tout de suite où un rayon de soleil illumine mon bureau. Enfin cette page est remplie. Enfin, l'écriture me libère momentanément, car c'est elle qui me tient. Enfin...

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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 15:51

Velours empoisonné

Velours empoisonné
Velours empoisonné


Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
A ce qu'elle voulait elle obtenu.
[Passer de la lumière à l'obscurité. Faire ce choix mais n'en saisir qu'une partie. Croire que tout est alors qu'il n'est rien.]
Qu'il est beau ce monde où tout les gens sont vêtus de noir, qu'ils sont beaux tout ces être se mouvant sur le rythme lent de la musique, quel spectacle surprenant. Pourquoi sont-ils toujours en noir ? Quel deuil malheureux ont-ils à faire ? Pourquoi du noir, alors que l'astre générateur de vie est-il jaune ? Le noir est-elle la couleur de la mort ? Sont-ils donc tous là à la célébrer ?
S'approcher de ce monde, le dévorer avec des yeux ronds comme on se régale d'un gâteau au miel. Saisir le fruit attiré par sa peau sans oser mordre dedans. Ne ressentir que cette attirance de l'apparence sans oser rejoindre le c½ur du fruit pour en saisir toutes ses voluptés.
Elle voulu pénétrer dans ce monde. Elle se présenta à la porte dont on lui refusa le passage. Refoulée, elle éclata en sanglot. Ce monde de la nuit n'est-il donc réservé qu'aux personnes aux habits des ténèbres ?
Il est moins aisé qu'il n'y parait de croquer dans le fruit. Mais tout ne sera qu'une question de temps.
Les jours suivant, elle retourna à ce lieu où danse les êtres gothiques. Elle ne chercha pas à pénétrer le lieu cette fois. Elle se posta simplement à quelques pas de là, et attendit. Elle attendit que ces créatures émergent des ténèbres nocturnes pour se rendre à la piste de danse. Comme la plupart des soirées, cette piste ne s'offrait à ses demandeurs que les samedis soirs, et souvent de façon non continu. Le premier samedi suivant son premier essai, elle eu de la chance, la piste était ouverte. Pendant deux heures, elle resta là, à observer le va et vient, les allers et retours de ces créatures démoniaques. Elle observa leurs vêtements, nota les différences de styles. Ici c'était une dame à la robe longue et noire, avec un haut de dentelle et de multiples fioritures. Souvent cette dame portait les cheveux longs et noirs, couleurs corbeaux. Parfois c'était cette fille, habillée de vinyle ou de cuir, avec de temps en temps des accessoires étranges, comme un fouet ou une cravache. Parfois encore c'était cette homme, habillée comme un lord du 19è siècle, parfois ce garçon aux cheveux noirs de jais en bataille, avec des pics partout et un air peu aimable. Parfois et encore, pleins d'autres styles, pleins d'autres looks, pleins d'autres gens. Elle observa également les maquillages. Les femmes portaient le teint pâle et les yeux cerclés de noirs. On pouvait apercevoir des dessins au coin des yeux, les lèvres étaient de couleurs prononcés, tantôt noir, tantôt rouge, violet, bleu foncé. Les cheveux aussi, autant que le look ou le maquillage, ils étaient à eux seuls un véritable spectacle à observer. La majorité était de couleurs noires, mais des fois on y apercevait des mèches rouges, bleus, violettes, oranges, blondes, vertes. Des fois ce n'était pas que des mèches mais une chevelure entière. Les habillements les plus simples côtoyaient les plus sophistiqués.
Comment s'y retrouver ? Pourquoi autant de différence ? Pourquoi autant de recherche ? Pourquoi tout cela pour simplement transpirer sur une piste de danse où les vêtements sont parfois insupportables à garder ?
Mais ne font-ils que danser ?
D'après les regards épuisés des gens qui sortaient, d'après les vêtements qui ne flottaient plus au vent, nul doute qu'il y avait danse puisqu'il y avait des relents de sueurs jusqu'au dehors...
Elle constata que bien souvent, après leur sortie définitive des lieux les gens lui semblaient bien moins impressionnants. Les maquillages coulants, faisaient des visages des peaux engluées de noirs où on ne distinguait qu'avec peine les yeux, d'une bouche, d'un dessin. Il semblait qu'au final ces créatures si bien apprêtées ne connaissaient pas le secret de l'éternel beauté, et de la jouvence éternelle. Elles retombaient alors du piédestal sur lesquelles elles s'étaient autoportées. La fin de la danse ne signifiait pas seulement la fin de l'amusement, c'était aussi la déchéance du pouvoir, la perdition du seigneur qui méprise ses serfs.
Il fallait parfois attendre longtemps pour savourer ce spectacle, mais l'attente justement était le prix à payer pour le contempler, car déjà elle avait saisi que dans la vie rien n'est jamais gratuit.
Embusquée dans ce carré de pierre, elle s'y rendait chaque samedi dans l'espoir fou d'assister à ce spectacle devenu son préféré. Elle remarqua des personnes venant régulièrement, elle remarqua ceux qui se sentaient perdus ou gênés par ce look qu'ils abordaient le temps d'une soirée, elle nota les habitués, saluant tout le monde, tout le monde les saluant. Elle perçu dans l'air les lignes invisibles qui dirigent les destinés et guident les êtres. Elle observait tout cela parfaitement immobile, le plus près possible du sol, telle une espionne. Un soir cependant, elle commit l'imprudence de se hausser légèrement. Le rayon de lune accrocha alors une mèche de ses cheveux, et là-bas dans la file d'attente, un vampire tourna les yeux vers l'endroit où elle se tenait. Elle se rejeta immédiatement contre le sol, et n'osa relever les yeux qu'après un laps de temps suffisamment long lui assurant le départ du vampire.
Et voilà le mal était fait, quelqu'un l'avait percé. Une pause s'imposait.
Elle abandonna donc son poste d'observation de la vie nocturne, et retourna se glisser parmi les vivants journaliers.
Est-ce qu'ainsi les fantômes, les êtres de noirs ne sont-ils visibles que la nuit et transparent le jour ?
Surprise, elle décida donc de s'atteler à la découverte de ce nouveau mystère, et ses observations de nuits se transformèrent en observations de jours. Chaque jour, elle se posa à un endroit ou à un autre, et chaque jour elle apprit à aiguiser son regard, à en transpercer les gens, à dévoiler leurs âmes, sans qu'ils ne sentent rien d'autres qu'une étrange sensation de nudité.
Et parmi cette foule qui peu à peu perdit son caractère compacte, des visages et des silhouettes se détachèrent. Ici elle reconnut un profil de visage, ici une démarche particulière, là encore un habillement.
Progressivement les corbeaux de la nuit, sans pour autant se transformer en colombes blanches, devinrent des humains.
Son esprit assembla alors les corps, il mit en relation le vague souvenir d'un regard avec le contexte du jour. Pour d'autres un seul effort de repérage suffisait, puisque leurs accoutrements de jours comme de nuits ne différaient que peu. Quelle ne fut pas sa surprise cependant quand elle reconnut dans les traits de l'homme en costard cravate patron d'une des banques les plus importantes de la ville, celui qui serrait toutes les mains sur la piste et dont le look détonait par son absurdité. Et pourtant c'était bien lui, elle le reconnaissait bien à présent, celui-là même qui l'avait découverte de son poste d'observation.
Cet homme devint sa proie préférée. Pour autant elle ne se limita pas à lui, désireuse toujours d'approfondir sa perception du monde des ténèbres.
Mais le jour ne lui apportait que la sensation que ces gens étaient monsieur et madame tout le monde. A trop les regarder, ils perdaient de leurs attraits, et bientôt elle se prit à rêver ce qu'elle avait observé pendant des soirs sur les bords de la Seine.
Et puis un soir, au journal télévisé, quelques brèves images présentèrent en quelques mots trop courts un des lieux qui ressemblaient beaucoup à celui où elle allait espionner ces gens tout de noirs vêtus. Ainsi ces lieux n'étaient pas en marge du monde ? Ils existaient bel et bien ? Ils étaient même connus, ce n'étaient pas des lieux secrets connus seulement des initiés ?
Mais avec quel effroi le journal en parlait-il. Il pesait ces mots, mais la façon dont cela était dit, faisait ressentir toute la distance que les gens normaux prennent par rapport à ces lieux de rendez-vous des sombres marginaux.
Aux personnes dans la pièce présente avec elle, elle avoua que ces lieux l'intriguaient. On la regarda bizarrement, la détaillant même des pieds à la tête, et puis ils prirent cela pour une lubie de petite fille, attirée par ce qui est interdit.
Ils n'acceptent pas les gens qui ne sont pas habillés comme eux, leurs dit-elle. Les remarques virulentes qui suivirent son affirmation, et les sarcasmes en tout genre lui donnèrent la sensation qu'ils approuvaient les paroles du journal.
Pourquoi ce monde apeurait-il les autres ? Pourquoi tant de rires, tant d'effarement et tant d'horreur dans les propos ? Le noir fait-il peur ? La mort était-elle si désastreuse qu'on n'ose plus rire d'elle ? Elle avait entendu le mot « secte ».
Le monde de la nuit est une secte bien large alors. Tellement, que chacun à un moment de sa vie y entre. N'a-t-elle pas croisé à de multiples reprises des personnes toutes de noirs vêtus lors d'enterrement ? Ne célébraient-elles pas elles aussi le monde de la nuit ? Oh certes le jour étincelait, mais elle avait constaté que parmi ces créatures de la nuit, certaines gardaient leurs vêtements des ténèbres même la journée. Ces gens là d'ailleurs ne l'intéressaient pas. Où était le mystère, où était l'intérêt, que dis-je où était la secte, si de jour comme de nuit les êtres étaient couleur granit ?
Son comportement était comme celui de l'enfant hypnotisé par le feu, qui le regardant pendant des heures, s'en approche davantage à chaque seconde, et à l'instant où il croit l'avoir dompté, s'y brûle. [Qui s'y frotte s'y pique !]
Il fallait donc y retourner. La façade était observée, mais maintenant il était temps de percer le secret, de percer le mystère, de déloger le vers du fruit. Elle arrêta un instant le cours de sa pensée et la dirigea vers une autre question. Qu'est-ce qui faisait la différence entre elle et eux ? Comment parvenir à introduire un monde aussi défendu aux athées pour la porte du Paradis ? Qui sait, peut-être si avec un peu de noir et un peu de deuil elle pourrait s'y faufiler ?
Mais qui avait-elle à pleurer ? Tout les gens qu'elle connaissait étaient si bien vivants.
Elle commença donc par faire le deuil du jour. Un matin à son réveil, elle déclara qu'elle n'aimait plus le jour, et resta donc dans son lit. Elle s'éveilla dans la nuit et descendit parcourir la ville. Malheureusement, il est malaisé de remplir ce qui doit être fait le jour, la nuit. Ce n'était donc pas la bonne solution de renoncer au jour, de plus elle avait constaté que ces créatures de la nuit vivaient bien le jour sous l'apparence de Mr et Mme Toulemonde. Elle n'avait donc pas à changer son quotidien concrètement. Mais ce qu'elle pouvait changer, c'était sa façon de l'aborder.
Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
Elle se rendit dans quelques magasins qu'elle connaissait bien et en ressortit les bras chargés de paquets remplis de fringues noires. Elle s'essaya à les assembler. Etait-ce bien elle dans ces vêtements noirs sans aucune couleur ? Oh comme c'était laid sur elle, comme cela ne lui ressemblait pas !
Elle se força pourtant à les porter et au bout de quelques jours il lui sembla qu'elle les avait porté toute sa vie durant. Mieux elle en vient même à s'apprécier physiquement en les portant. Pour l'aider dans cette entreprise douloureuse, elle contacta un ami à elle afin qu'il lui procure de quoi se droguer. La drogue lui permit de révéler un nouvel aspect de sa personnalité. La drogue lui donna l'envie à son tour de danser, et elle se surprit à chercher et télécharger de la musique sur Internet pouvant remplir ses attentes. Elle ne fut pas déçue.
Désormais ces soirées se passaient à danser sur des musiques et des rythmes hypnotiques, toute de noir vêtu. Le jour elle se consacrait à ses activités habituelles, il fallait bien vivre. Mais le manque de sommeil lui cerna le visage, elle perdit peu à peu ses couleurs de jeune fille et son teint devint blafard.
Elle fut renvoyée de son travail. Pourquoi ces monstres ne voulaient-ils plus d'elle ? Parce que même au travail elle arrivait avec ses nippes trop dark pour eux ? Fallait-il donc se conformer aux règles dans le travail que la société exigeait sous peine de s'en voir disqualifié ? Pourtant elle n'avait pas changé, ses fringues n'altéraient pas la qualité de son travail. Il est vrai cependant qu'elle arrivait au travail de plus en plus fatigué. Une de ces anciennes collègues qu'elle rencontra par hasard dans la rue, lui avoua tout bas, que son image effrayait les clients.
Il était hors de question qu'elle se trahisse et qu'elle change pour une sordide histoire d'argent. Elle avait quelques économies, il convenait maintenant d'y prêter attention. Elle décida de réduire au maximum ses dépenses en électricité. Elle retira toutes les lampes, décidant de n'en garder qu'une dans la pièce principale et de miser sur l'éclairage de bougies. Elle vendit sa caséinière et se contenta d'un micro-onde. Elle rongea sur tout les bouts de ce qui ne lui semblait pas indispensable.
Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
Une vie plus austère lui convenait parfaitement. Mais un jour après s'être trop approché d'une bougie pour déchiffrer les pages de son livre, sa chevelure s'enflamma. Elle parvient à éteindre le tout mais ces cheveux étaient gâtés. Détour par chez le coiffeur, elle en ressorti les cheveux ébènes mais s'arrangea pour conserver quelques mèches rougies par les flammes.
Le soir même elle sortait se promener dans la ville. Elle marcha, sans but aucun dans les rues, juste pour le plaisir de se couler dans les ténèbres. Et l'eau noire de la Seine, et le souffle glacé du vent.
De retour dans sa chambre, son regard attrapa furtivement le reflet du miroir et son visage revêtit alors un sourire d'une sincérité à faire pâlir les morts.
La drogue, ça c'était bon. Elle planait. Elle n'avait pas besoin de beaucoup, juste une fois par jour, ses fringues la droguaient davantage que la poudre mais les deux allaient de pairs.
A chaque pas, à chaque seconde, à chaque minute de jour, à chaque souffle, à chaque levée de lune, à chaque lueur d'étoile...elle s'approchait davantage de ce but secret qu'elle se rêvait d'accomplir.
Voyait-elle la dégradation de son corps ? Voyait-elle les cernes qui apparaissaient ? Voyait-elle l'engrenage dans lequel elle se jetait ? Mais c'est qu'elle voyait tout ça et que cela lui plaisait...il y a de ces erreurs qu'on fait à 15 ans, mais a-t-on conscience que même à 20 leurs probabilités de se reproduire ne sont jamais nulles ? Etait-elle prête ?
Un soir, au coucher du soleil, toute de noir et de rouge vêtue, elle observait le paysage, bercé par la musique que son mp3 crachait à lourd volume. Sa tête dodelinait suivant le rythme violent de la musique, et elle savourait cet instant comme jamais, gavé par la drogue qu'elle avait ingurgitée. On lui tapa sur l'épaule. Derrière elle se tenait un homme d'une trentaine d'année environ, un métalleux d'après ce que son apparence laisser penser. Il avait quelque chose. Dans son regard. De noir, de mystérieux, comme elle aimait en somme, comme elle avait appris à aimer. Il attrapa un de ses écouteurs, et tout deux restèrent plusieurs minutes à écouter la musique ravageuse. Elle s'infiltra en eux.
Il changea de piste. Il changea de chanson jusqu'à tomber sur ce qu'il cherchait. La musique fit alors place à une boite à rythme hypnotique. A en voir son attitude, il devait être aussi bourré de drogue qu'elle. Il ferma les yeux et plongea dans son monde à lui. Elle décida de l'imiter. Le fil qui les reliait l'un à l'autre, semblait connecter leur cerveau. Doucement il passa une main autour de sa taille. Elle l'y laissa.
Il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser qu'il avait commencé à parler. Elle rouvrit les yeux, de sa main il lui désignait la Seine. Vois-tu là-bas, un peu plus loin, une soirée semblable à celles que tu observes sans jamais y participer, a lieu. Les ombres s'y donnent rendez-vous, elles dansent toute la nuit pour ne rentrer qu'à l'aurore. C'est une autre vie qui commence alors. Les ombres, c'est comme les fantômes et les assassins. On croit toujours qu'ils ne sont pas comme nous, que nous sommes très différents, qu'ils ne sont pas humains. Ce soir je t'invite à rencontrer les ombres, celles la même que je t'ai vu observer pendant des jours, celles la même que tu as tenté d'imiter, mais tu ne seras jamais elles, si tu ne pénètrent pas leurs souffles.
Elle le fixa...et le suivit. Le long de la Seine...il continuait à parler, à lui expliquer ce qu'elle savait déjà. Au bout d'un moment elle décrocha. Elle allait enfin aller danser avec les ombres, avec ces gens, dont pendant des semaines, elle tentait de singer la tenue, le costume et l'apparence. Ce type l'abordant comme si elle était l'une des leurs...n'était-ce pas le signe de sa maturité ? Qu'elle était prête à plonger dans ce décor qu'elle s'était contentée d'effleurer en pensée ?
Il lui paya l'entrée et elle se retrouva subjuguée parmi cette masse noire, la musique...encore une fois, c'était Elle qui était la plus présente. Elle qui menait la danse, Elle qui permettait à ces corps et à ces tissus de se mouvoir, d'onduler avec grâce ou avec rythme selon la salle de danse choisie. Il la rejoignit et se rendirent au fond de la salle. Salle magnifique, basse de plafond, en bois, tout autour de la piste des tables basses et noires et des fauteuils de velours noirs qui vous appelaient de leurs doux regards mielleux. Pour l'heure, seuls quelques couples s'y étaient installés. Les autres, tout les autres, dansaient. Etait-ce la drogue, était-ce la musique, était-ce l'ambiance ? Son corps se mêla aux autres et la danse l'avala.
Il l'observait, parfois se joignait à elle, collait son corps contre le sien, il regardait de l'½il jaloux les danseurs qui s'approchaient d'elle, pas forcément par intérêt mais parce que la piste était petite. Le temps filait mais elle n'en avait nulle conscience, elle jouissait d'un bonheur parfait. La chaleur des corps, l'odeur de transpiration, les gouttes de sueurs qui ruisselaient sur son visage ne rendait que la danse plus agréable. Elle sentit confusément que son maquillage noir coulait. Il lui tendit un verre, qu'ils allèrent déguster dans un endroit plus frais.
Quand elle leva son regard du verre, elle comprit que le reste de la nuit se passerait avec lui...et chez lui.
Elle s'éveilla le lendemain, nue, dans des draps inconnus, avec un homme qui alors n'avait plus du tout le même mystère et la même aura que la veille.
La pièce était toute petite et plutôt malodorante. Elle avait la bouche pâteuse, ses cheveux étaient sales, du sang avait coulé sur ses cuisses, elle se sentait animal.
Ils avaient fini la nuit tout les deux, leurs corps l'un sur l'autre, ils étaient allés jusqu'au bout de leur plaisir qui n'avait plus rien d'humain. Tels deux animaux amenés l'un vers l'autre.
Elle décida d'être extrêmement vigilante sur sa contraception. Il n'était pas possible que l'animalité qui les avait poussé dans les bras l'un de l'autre s'en aille ainsi sans laisser de trace...et si trace il y avait, nul doute qu'elle s'immiscerait dans son propre corps.
Elle rentra chez elle, avant le réveil de cet homme. Une douche lui remit les idées en place, mais au final celles-ci étaient très bien agencées. Elle s'alluma une clope et pour faire disparaître l'odeur nauséabonde fit brûler un bâton d'encens. La fumée de l'encens se mélangeait avec celle de la cigarette mais alors qu'elle tenait la cigarette vers le bas pour ne pas recevoir de cendres dans l'½il, le bâton lui était incliné vers le haut. La fumée d'encens montait, montait, elle allait se perdre dans l'atmosphère de la pièce, elle allait jouer avec les paliers d'airs, elle se divisait, s'enroulait sur elle-même, elle était libre, belle et fière, elle remplissait sa noble tache sensorielle.
Elle ne sut jamais ce jour là, si c'était l'encens ou la cigarette qui l'avait le plus apaisé.
Je veux maquiller mes yeux de bleu et pleurer du noir. Je veux que mes lèvres rougissent et que ma peau blanchisse, je veux la tache noire sous l'½il, je veux un visage osseux, je veux les cheveux corbeaux et les mèches rouges.
23h on toqua à la porte. C'était lui. Il venait la reprendre, il connaissait disait-il un autre endroit pour danser. Fatiguée, elle était fatiguée. Elle refusa, il la cogna, elle le suivit. Ils marchèrent pendant plusieurs kilomètres, elle perdit le fil. Ils se retrouvèrent devant chez lui. Elle demanda « on ne danse pas ? » il répondit « entre c'est ici »
Leurs corps dansèrent bien, la chaleur se répandit dans toute la pièce. Quand elle se retrouva libre, une vague de dégoût la submergea. [Elle vomit.]
La peur. Cet étrange sentiment l'a saisi les jours suivants. La crainte, la peur. De le voir débarquer chez elle. Les journées qui suivirent...un enfer de peur, d'appréhension, de douleur, de « et si ? » Ah mais avec des si, elle aurait depuis longtemps pénétré le secret de ses lieux dont elle rêvait, plutôt que d'attendre qu'on ne l'y emmène, plutôt d'attendre qu'on ne l'y soumette.
Elle apprit plus tard, qu'une autre soirée avait lieu...ailleurs. Cette fois, elle prit son courage pour y aller et seule ! Elle arriva à l'heure. Pas intimidée, elle se jeta sur la piste de danse, et la musique fut le seul démon qui la gouverna réellement pendant la soirée. L'homme, celui qu'elle avait espionné pendant de longs jours, le vampire, la repéra. Il lui offrit un verre. Ils parlèrent un moment, ses yeux se plissaient tellement elle se sentait heureuse du tour qu'elle lui jouait. Avant de prendre congé, elle lui avoua qui elle était. Il n'en fut pas surpris et l'aida même à se remaquiller. Elle lui prêta son crayon pour qu'il fasse de même. Uni dans les ténèbres.
La soirée, lui permit de nouer quelques liens brefs mais satisfaisant. Elle avait réussi à oublier absolument tout, tout le reste, même Lui. Elle partit. Arrivée dans les premiers, départ dans les derniers. Le petit sachet de poudre qu'elle avait apporté avec elle, lui avait été diablement utile.
Cette poudre. Elle vint à manquer. Les prix augmentaient, et sa consommation aussi. Ses « revenus » ne suivaient pas. Il était hors de question pour elle de reprendre un travail si elle devait pour cela abandonner la vie qu'elle entendait mener. La solution s'imposa bien vite et très naturellement. Lors de ses promenades nocturnes, elle s'était déjà fais remarquer. Elle n'eu qu'à grossir les traits, à ouvrir ses portes intimes, et bientôt l'argent y pénétra à mesure que les flux s'y succédèrent. Au bout d'un moment on apprend à oublier. On oublie ce qu'on fait, pourquoi on le fait, qui on est. Elle s'était perdue depuis longtemps, s'était-elle déjà trouvé ? Mais des réponses lui avaient été données, cela lui avait suffi, désormais c'était son corps qui s'abandonnait. [Suite logique.]
Rien ne dure jamais, tout se transforme, tout qui tourne, tout qui se défait. Les fruits aussi un jour pourrissent.
Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus eu de contact avec l'homme. C'était étrange. Il avait du passer à autre chose, à une autre nana à manipuler, à une autre poupée.
Elle ne parvenait pas, lui, à l'oublier. Son inquiétude grandit, la dévora...de l'intérieur, la crainte, la peur, la menace, l'épée de Damoclès au dessus de la tête. Son travail commença à la dégoutter. Les soirées ? Plaisir temporaire, le monde de la nuit ? Le monde des gothiques ? Oui un monde maléfique, mais quelle beauté ! Oui, quelle beauté ? Où est-elle ? Dans les courbes de la nuit et des déesses, dans le mystère féminin, dans les complaintes obscures et secrètes. Et si, en elle-même ?
Alors, à la sortie de la douche, elle s'observa nue dans le miroir. Pour tenter de découvrir une réponse. Son corps était recouvert de bleus, de traînés rouges, elle constata qu'elle avait bel et bien maigri, et la réponse lui sauta aux yeux. C'était LAID. Voilà, comment elle se trouvait dans le miroir, voilà ce que son regard lui renvoyait, elle était LAIDE !!! Laide à lui faire peur, laide ! à repousser toute créature si elle la voyait dans cet état. La décrépitude, la dégradation d'une jeunesse et d'une fleur. Elle eu envie d'en finir avec cette vision insoutenable. Elle eu envie de s'abîmer un peu plus, et de le sentir, de clamser, de mourir, de crever comme une chienne !!
Une de plus ou une de moins ? Elle choisit 2 de plus. 2 traces rouges de plus sur ses poignées. Elle se fit un rasage du corps dans le moindre détail. Prendre soin de soi, une ultime fois. Retirer toute trace de poil, avoir la peau douce, qui glisse, glisse, avec douceur. Une douche...cela est censé réveiller...cela ne fit que l'endormir un peu plus dans la torpeur de ses pensées. L'eau glissait sur elle, insaisissable, elle filait de sa tête aux pointes de ses cheveux, elle ruisselait sur ses paupières closes. Une fois sèche, elle se maquilla...un suicide doit se faire dans les règles de l'art. Elle passa simplement sur son corps un voile noir qui ne dissimulait rien de son corps, de ses courbes, de ses défauts et de sa perfection. Le bâtonnet d'encens embauma la pièce. Pour la première fois depuis des semaines, depuis ses retrouvailles imposées avec lui, elle se sentait...sereine.
Elle prit un nouveau rasoir, et avec délicatesse s'entailla un poignet après l'autre, la lame s'enfonçant dans la peau, et laissant perler un sang rouge et pur.
Les globules rouges glissèrent le long des poignets, des bras, ils tachèrent le voile qui ne parvenant pas à tout absorber étala le sang sur tout le corps. Elle fit remonter les incisions sur son avant-bras, permettant à davantage de sang de s'écouler. Il poursuivit sa course folle et délicate. Elle se leva. Le sang ruissela sur ses jambes, jusqu'à ses pieds, jusqu'au sol...la porte de l'appartement s'ouvrit avec fracas ! De surprise, elle chancela, elle attrapa du regard la personne qui entrait dans la pièce...c'était Lui. «Evidement » eu-t-elle juste le temps de penser, avant que sa tête ne vienne se fracasser sur l'évier en béton.

O5/06/08

Photo : lesblessuresdelombre
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 15:36

Modifié le samedi 24 octobre 2009 16:01

Sourde colère qui gronde en moi

Sourde colère qui gronde en moi
Parfois je ne sais pas pourquoi j'ai comme l'envie de crier, besoin de me délivrer de cet élan qui se heurte aux murailles de mon corps. Parfois j'aimerais bien l'ouvrir ma seule gueule, j'aimerais bien entendre le son de ma voix, plutôt que de la retenir toujours prisonnière, de toujours l'obliger à ce taire.
J'aurais pu penser que je serais heureuse d'être ici. C'est vrai que rien qu'en quelques jours je m'étais déjà habituée à cette nouvelle vie. Je suis embrigadée dans ce nouveau quotidien, j'ai mes habitudes de prises, mon petit train-train.
Mais parfois j'ai envie de crier, de gueuler, de hurler, de brûler. Oui qu'on brûle ces 4 murs qui m'enferment, qu'on brûle ce papier, ce savoir dont je ne sais que faire ! Parfois j'ai envie de tout briser, de tout envoyer valser. Juste pour me délivrer, me délivrer de ma prison dorée. Oui j'aurais cru que je serais heureuse d'être ici, que j'en aurais de la fierté, un bonheur réel, que j'avancerais, découverte de la nouveauté. Puis en fait, y a un peu de fierté, un peu de bonheur, la prise de nouveaux repères, c'est cool de ne pas stagner, d'avancer un peu, un petit pas de nain pour une vie de géante. J'aurais pas avancé, j'aurais regretté. Au moins j'ai pas de regrets, au moins j'ai un peu de cette fierté qui fait du bien à l'égo, qui fait du bien à la confiance. Je réfléchis puis j'applique. On me dit, je fais. J'y suis, j'y reste...
Même quand j'ai envie de dégager, même quand j'ai envie de tout envoyé valser... En espérant que le bordel dans lequel je serais me rendra plus heureuse qu'un petit nid tout propret. C'est vrai qu'au début c'était un peu le bordel, c'est vrai que c'était un peu prise de tête, c'est vrai que j'ai pleuré un peu, angoissé beaucoup, que le pli de la contrariété ne quittait plus mon front, que mon regard halluciné se posait partout où il pouvait. Mais le bordel c'est bien, parce qu'au moins on sait ce qu'on à faire. On sait que si on veut avancer, construire, il faut ranger, ordonner, classer, se débrouiller.
C'est vrai que j'aime le bordel. Ca donne un sens à ma vie, je sais où concentrer mes efforts, où doit aller mon labeur.
J'ai jamais aimé que ma chambre soit en ordre. Ca me rappelle trop à l'immobilisme, à la perfection, à la propreté, à l'absence de microbe, à beaucoup d'absence en fait. Beaucoup trop d'absence. J'ai toujours aimé un peu de bordel dans ma chambre, c'est à l'opposé d'une chambre rangée, au moins ma pièce vit. On sent que quelqu'un y habite, je laisse ma trace, je laisse, je dis « voilà c'est moi » J'ai peur de la mort. On pourrait s'en douter, ça se voit vite que je suis une fille facilement angoissée. Mais j'ai vraiment peur de la mort. J'en parle pas, on ne le comprendrait pas. Et tu vois, quand ma chambre est trop rangé, trop parfaite, c'est l'absence de sens, l'immobilisme, la stagnation, et tout ce qui n'avance pas est condamné à régresser, et donc à mourir. C'est pas bête non, mais ma chambre vit.
Mais quand c'est trop en bordel c'est pas bon non plus, c'est trompeur. A le laisser s'accumuler, on noie le sens de sa vie sous toutes les propositions qu'elle offre et sur lesquelles on n'arrive pas à se décider. C'est là alors qu'il faut trier, il faut prendre, mettre à sa place, faire un peu de rangement, retrouver un peu d'ordre. Juste pour retrouver l'essentiel, pour retrouver le fil directeur, le bon fil, le bon sens.
Parfois je remettrais bien ma chambre en bordel ! juste pour retrouver le vrai sens, le bon sens. Parce que même quand je range un peu, je ne suis jamais sure que les objets soient bien à leur place, je ne suis jamais sure de ne pas m'être trompée.
Ca aussi ça fait un peu peur, mais c'est pas tellement grave. C'est juste que ça donne envie de gueuler, de hurler, de crier, de tout faire brûler. Juste pour retrouver une illusion adorée. Celle qu'on peut tout reprendre à zéro, qu'on peut gommer les imperfections, retrouver le vrai, le bon sens, retrouver un fil, une tangente sur laquelle arrêter de se tenir en équilibre. Un vrai fil sur lequel on puisse sauter à pieds joints, qu'on puisse agripper, que les coups n'arrivent pas à briser.
Mais c'est juste une illusion, parce qu'on reprend jamais tout à zéro. Tout ce qu'on a vécu s'inscrit en nous, les doutes assaillent, mais c'est fais exprès. C'est pour faire douter, pour nous éloigner du vrai, du bon sens. C'est juste un peu le Mal, l'incarnation de la tentation, des pêchers, de la facilité, et de nos illusions dorées adorées.
C'est pour ça qu'au final tout va rester dans un bordel organisé. C'est pour ça que je vais ranger ma vaisselle plutôt que de la briser, que je vais démaquiller mes yeux plutôt que de les crever, que je vais appliquer un pansement plutôt que me cogner le pied, que je vais mettre dans des pochettes cartonnées, tous ces cours que j'ai envie de brûler, tout ce savoir qui me servira un jour, peut être jamais, mais que j'ai choisi d'étudier. Tout ce savoir qui me mène la vie dure mais qui peut- être un jour, sera mon sésame à la facilité.
C'est pour ça qu'on continue. Pour l'espoir, pour le sens, pour se convaincre qu'il y a un sens, qu'on ne s'est pas trompé, que nos efforts ont bien servi à construire cette corde solide sur laquelle on veut s'appuyer. Je crois que c'est ça dont j'ai le plus peur. Que tout n'ai servi à rien. C'est pour ça que je suis un peu contente, un peu fière d'être ici. C'es parce qu'il y a une continuité, qu'il y a une suite, une semi-victoire, on retarde l'échéance de la régression, de l'échec, de la dépression. On retarde, on retarde, on se dit que ça va nous rattraper, que pourquoi toujours retarder si au final cela va nous rattraper. Ptèt parce qu'un jour à force de reculer la mort c'est la vie qui la rattrapera. Ptèt que c'est juste un combat qui vaut la peine qu'on croit un peu en lui, ptèt parce qu'on retarde le malheur, pour tenter les fleurs de notre bonheur. Ptèt parce que ça me dit « regarde tu croyais ! et il n'en est rien ». Avant je pensais aussi que cela allait me rattraper, je me disais que j'avais juste reculé un peu la date, que rien n'était gagné. Aujourd'hui rien n'est gagné, et je recule peut être encore la date. Mais j'ai eu ce putain d'élan de vie, cette putain envie de crier, et c'est bien grâce à moi et à moi seule (ou ptèt un peu à toi quand tu m'as dis de m'appliquer ...) que j'ai encore fais reculer la date. J'ai fais front contre la tempête de sable pour ne pas qu'elle ne m'enlise complètement, plutôt que la vivre assise, j'ai décidé de me relever. Ah c'était pas grand-chose. C'est pour ça que rien n'est gagné. C'était juste un petit pas. Mais c'était pas le premier non, c'était déjà le deuxième. Aujourd'hui je songe au suivant, et je n'y crois pas davantage. Je suis préparée. Et quand j'ai envie de hurler, de crier, de tout faire brûler, c'est juste que je baisse un peu les bras, que je doute, je doute de mon fil, de ma victoire, de mon bonheur, de ma fierté. C'est juste que je cherche. Je cherche ce qui rend heureux. Parce que j'ai découverts autre chose. J'ai d'autres fils qui peuvent m'aider à consolider le premier. Alors je cherche, et je me dis, « et si ce n'était pas plutôt sur eux qu'il faudrait que je me concentre ? » C'est pour ça que je désespère, que j'ai envie de gueuler, de crier, de hurler, c'est parce que je ne veux pas me sentir prisonnière d'un seul fil, que je veux aller voir les autres, putain moi aussi je veux crier, je veux tout faire brûler, je veux tout envoyer en l'air, couvrir mon corps de bleus, je veux être libre putain, je veux saigner et l'observer ! je veux danser dans le noir, parmi eux, parmi moi, parmi les masques sincères et les maquillages outranciers, sentir ma vie dans ma paume, sentir la musique m'avaler, sentir ma tête loin de mon corps, sentir l'esprit délirer. J'ai envie de danser, d'oublier, de me sentir conne, de me sentir ivre, droguée, prostituée, folle, hérétique, anarchiste, ingrate, sadique, scarhatred, égoïste, égocentrique, narcissique, déchue, percluse, fracassée, d'aimer tout ce qui est à haïr et à détester. Juste pour ne pas être un pantin de bois qu'on tient par 4 fils, juste pour arrêter de marcher droit alors que c'est tellement beau sur les cotés. Juste la sensation pendant une seconde, un instant, une minute, une heure, une journée, une semaine, un mois, juste le temps d'un été, retrouver ce que Vivre veut signifier.


Tamtrum
In Blood we Trust
21/10/09
pix: modèle: Céline

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 15:50

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 16:00

Parce qu'avant ce jour, je n'ai pas osé publier ces pensées.

Parce qu'avant ce jour, je n'ai pas osé publier ces pensées.
A. Je ne t'ai pas assez observé. Parce que te regarder est un spectacle dont je ne me lasse pas. Parce que j'essayais de te percer, de te connaître et au final j'ai échoué. Parce qu'un jour je t'ai regardé et je n'y ai rien trouvé. Je crois que ça commençait à me faire peur. Quelque chose clochait. Tu n'es pas quelqu'un de franc (tu ne diras pas le contraire, on en avait parlé). Je ne me souviens pas avoir croisé beaucoup de fois ton regard alors que je le recherchais. Sauf quand on ne se voyait que tout les deux. J'y lisais, un homme qui essayait de comprendre, qui écoute mais tout en restant dans ses pensées, qui réfléchit à l'autre, à ce que la personne lui dit. Une personne qui assimile. Qui assimile mais ne ressent pas. Qui comprend sans forcément partager. J'aurais pendant longtemps comme image, la tête que tu avais, avec les yeux légèrement dans le vide, dans un entre deux mondes, un peu hébétés. J'aimais pas beaucoup cette expression. Parce qu'il n'y avait pas grand-chose à en tirer. Parce que cela ne m'aidait pas et que j'avais un besoin de comprendre. Dorénavant je saurais, je resterais détachée...Comme tes yeux l'étaient.

Je sais aussi q
ue.. Au bout de plusieurs jours je n'avais plus envie de te regarder. J'avais envie d'échange et de dialogue et non plus de mystère et de secret. Puisque tu ne m'apprenais plus rien, alors autant chercher ailleurs. Ce qui justifiait ma présence ? L'espoir et l'affection pour toi, une affection réelle mais dont tu n'aurais pas du avoir peur. Dorénavant il n'y aura plus de fascination. Ce que je sais aussi, c'est que si l'état de grâce avait perduré alors je t'aurais encore et toujours observé. Si état de grâce....peut être que j'aurais pu tomber amoureuse de la beauté. Dorénavant et c'est grâce à toi, il n'y a plus de grâce. Il n'y a plus cette grâce pour laquelle j'aurais pu tomber amoureuse.

[Et tu vois...si on avait parlé plus tôt, cette grâce aurait disparu avant, et reconnais stp que cela aurait été mieux pour nous deux. Ou surtout pour moi, pour toi aussi, tu n'aurais alors plus eu de raisons d'avoir peur. Cela m'aurait évité ces journées torturantes où je faisais abstraction mais où dès que je m'assoupissais sur le sable chaud,mes pensées m'attaquaient et seul le réveil, seul un sursaut de conscience mais surtout d'action, parvenait à m'en débarrasser.]
23 juillet 09


On s'habitue à
l'absence, à la votre. Parce que là tout est redevenu comme avant. Les gens, les soirées, les journées. Il n'y a plus de souvenirs mais le vécu d'un présent. Un présent d'habitude, chaque chose en son temps, vous avez fais le votre. Il me reste ma conscience, et l'éveil de l'écoulement du temps. Il ne me reste plus que l'image de ce sourire, de ce regard. Le claquement de cette voix et la sensation de la fin d'une période, sentiment lointain, peut être même l'Oubli et son fameux parfum de liberté.
28 juillet 09


Te voir une
semaine...je n'ai pas l'impression que cela m'ai beaucoup apporté. Du bon temps oui, occupations oui, échanges oui. Mais par rapport à toi c'est comme si j'étais repartie bredouille. Des choses m'ont faites sourire, je n'avais jamais pensé au fait qu'on apprend aussi à connaître les gens quand on les voit en société. Je déplore une semaine superficielle alors qu'il aurait été si facile de la combiner avec un peu d'échanges personnalisés. Une semaine ainsi ne m'a pas plus apportée que ces quelques heures où je te voyais sur Paris. Le temps et son caractère relatif. Il m'a manqué quelque chose et c'est surtout du à cette politique de l'autruche. Tu n'as pas l'air de le regretter, moi si. Un peu. Cela a un peu trop duré pour moi, parce que cela ne m'a pas laissé indemne. Je t'en veux un peu. Pas beaucoup. Mais le fait que je t'en veuille ou pas ne changera rien à ce sentiment de léger regret. Ce n'est pas dramatique, juste...dommage peut être. La sensation d'être passée à côté de quelque chose et ça j'aime pas trop. J'ai la sensation que toi cela te laisse indifférent, et ça, ça n'est pas très agréable non plus. Cela dit autant que je ne m'avance pas trop, on se connaît peu. Mais parfois j'ai l'impression qu'on comprend plus de choses qu'on ne veut bien l'admettre. Ou alors je me trompe. Au bout d'un moment je ne sais plus, sauf cette sensation de savoir que je n'ai jamais vraiment su.
30 juillet 09



pix: port des sablettes, photo prise en août alors que nous allions tous au resto !
/!\ pour éviter toutes mauvaises interprétations, n'oubliez pas la date d'écriture de ces pensées, que j'ai recopié telles quelles et que je n'ai pas souhaité censurer même si j'aurais pu !

# Posté le samedi 10 octobre 2009 11:41

Tic tac

Tic tac
Je compte, je compte, j'observe des délais, comme s'ils avaient une place fondamentale dans ma vie. Une façon de se rassurer, de se rattacher à quelque chose de plus concret. Plus concret que ses sentiments, que ces gens de passage dans une vie.Alors parfois, j'observe, je compte, et je me dis « tiens cela va bientôt faire un an » et cela me réjouit. C'est une date ronde, un cycle, un délai rassurant, une norme commune.
Et puis, quand cette date n'est pas acquise, elle semble incomplète, on perd son halo protecteur, on est à nouveau livré à la froideur d'un demi-cercle, on regrette presque que l'absence ne soit plus.
Quand la date ronde, pleine et entière n'est pas atteinte, on a la sensation d'un objectif non-abouti, c'est la sensation d'avoir échoué si proche du but.

Alors que ce n'est qu'une date, qu'un repère dans le temps, oui un repère, cette roche contre laquelle s'appuyer. Alors quand j'échoue si proche de la date, c'est que je n'ai pas atteint ce rocher sur lequel j'aurais pu me poser et espérer me hisser pour sortir la tête de l'eau. C'est le problème quand on définit une date, quand on détermine une durée.Alors j'ai décidé un jour que de temps indéterminé, je passerais à un temps infini, sans nul espoir de retour, sans nul espoir d'élan.
J'ai alors dépassé le rocher qui m'aurait permis de reprendre mon souffle. J'ai continué de nager sans m'arrêter, j'ai avancé....et j'ai appris à respirer sous l'eau. Et j'ai ainsi réalisé que oui c'était possible. Je n'avance plus en apnée, j'avance en respirant dans cette belle eau claire et bleue, et un jour lorsque je me suis retournée, le rocher avait disparu de ma vie.

Un horizon tout de bleu s'étendait devant et derrière moi, sans tâche grise, sans ce bloc noir de granit. Adieu beau repère. J'ai nagé là où j'en avais envie, réalisant que je n'étais pas plus perdue qu'avant, parce que j'étais dans l'eau bleue, belle et claire, et rien que ça c'était merveilleux. Je nageais, apprenant à respirer autrement, dans un autre environnement, je m'adaptais à un milieu que j'avais choisi. J'en ressenti seulement une légère fatigue. Pas dans les muscles, mais dans la vue. Ce n'est pas naturel, dans l'eau lisse et dans l'horizon toujours identique, j'ai appris à regarder autrement. Ce que aperçu
à force de me concentrer ce n'était plus ses dates, ses rochers, c'était des nuances de vert, de doré, de bleu et d'argenté. C'était tout une richesse, tout un monde dont je n'aurais pas eu la moindre idée si j'étais restée agrippée à mon rocher protecteur. C'était merveilleux de ne plus avoir ce bloc sur lequel se hisser, de ne plus avoir cette date, de ne plus avoir cette personne, mais d'avoir simplement un horizon différent, de changer de vue.

J'ai appris que ces repères étaient ridicules, qu'une date était futile et que cela ne signifiait rien d'autre que le sens que je désirais lui conférer. Alors d'indéterminé, je suis passée à indéfini. Parce que l'horizon lui n'avait pas de limites et que si je voulais avoir la chance d'en explorer ne serait-ce qu'une minime partie, alors il fallait que je m'éloigne de mes repères, que j'accepte l'inconnu, l'ignorance, la perte, l'oubli, le manque...
Oui parce qu'ils me manquent ces saligauds. Et je n'aime pas cela, je n'aime pas cette sensation de dépendance, et qu'il est hors de question que je sois comme ce chien qui ne peut survivre sans la présence de ce maître ou comme cette fille amoureuse qui ne peut s'éloigner plus de quelques mètres de son amoureux sans ressentir pleinement son absence et qui toujours se sentira obligé de revenir vers lui pour se sentir respirer.

Je me défends de telles addictions. Surtout quand elles sont si futiles, si idiotes, quand elles ne sont que la manifestation des faiblesses bien réelles qui nous composent, nous pauvres humains.
Comme je ne suis pas encore capable de me hisser sur mon rocher sans m'égratigner les mains, alors je m'en détournerais pour aller nager, afin de ne plus sentir ses saignements sur ma paume. Et si un jour je veux retourner à ce rocher, si un jour je ressens tout de même le besoin de me tourner vers la présence d'un temps, alors je veux l'appréhender sans heurt, que tout ne soit que délicatesse, que je parvienne à m'y hisser sur la pointe des pieds et sourire de la joie de retrouver la sensation de respirer à nouveau un air pur et frais. Mais ce que je ne veux pas, c'est chercher obstinément à monter sur mon bloc de granit pour avaler un air sans lequel je me mourais.

Pour l'instant je n'en suis pas encore capable, alors j'essaye de me détourner de la date, j'essaye d'arrêter de me dire que cela fait une journée de plus, une semaine de plus, un mois de plus, et je tremble qu'un jour le total de ces mois ne forment une année et je tremble de me dire que si un jour le décompte est brisé, que ce jour sera celui où j'avais enfin réussi à me hisser sans heurt sur mon rocher que celui-ci s'écroule et que je me retrouve à nouveau dans cette eau limpide à nager, sans nul besoin de repère puisque la ou les personnes à l'origine de ce besoin nageront à mes cotés. Oui j'en tremble, parce que je serais sans doute heureuse de les retrouver, mais je n'aurais pas profité de mon attente, de mes efforts, je n'aurais pas le temps de savourer mon propre succès...

à re-bosser
23/09/09
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# Posté le jeudi 24 septembre 2009 14:48

Fabrégas

Elle se demandait parfois si elle n'avait pas rêvé. Si tout n'était pas qu'une sombre illusion manipulée par un esprit supérieur et pervers. Un esprit s'attachant à lui faire miroiter les délices d'un lieu ne valant pas moins qu'un paradis terrestre miniature.
Alors, d'autres fois, elle avait un désir. Un désir sourd. Celui de revoir le lieu. D'y replonger. Même simplement quelques minutes. Le désir d'être dans ce lieu, de faire parti de lui. Juste pour le sentir, pour réaliser qu'un jour elle avait fais parti de cet univers. Elle avait envie de toucher le tronc des arbres de la forêt, sentir à travers sa jupe les épines de la prairie, de s'égratigner les mains aux arbustes dans la descente caillouteuse, de sentir ses muscles se roidir pour franchir toutes sortes d'obstacles, elle avait envie de frôler des mains, d'effleurer des lèvres, de se glisser dans l'eau tiède et salée, de sentir le picotement du sel sur ses égratignures, le souffle du vent dans ses cheveux, l'ivresse de l'alcool lui échauffer la tête, la fatigue alourdir ses membres, l'étreinte du corps dans le bras de ses amies, le contact du sable sous un drap de plage, le brisement des vagues contre ses chevilles, l'écarquillement de ses yeux devant un couché de soleil, devant une vue splendide, d'avoir la tête qui tourne tant on veut voir, voir, et se nourrir du spectacle de la vue.
Juste une seconde, juste un instant. Franchir des centaines de kilomètres, juste pour réapprendre qu'il y avait du vrai dans ce rêve, que les kilomètres ne détruisent pas les réalités.
Elle ne songeait même pas au souvenir, simplement aux sensations offertes au contact du corps. Elle ne songeait pas aux conversations mais aux sons des voix résonnant à son oreille. C'était drôle d'ailleurs de s'en souvenir, de croire entendre les timbres de voix comme s'ils étaient à ses cotés, et surtout. Surtout de revoir ces images, les revoir, les ressentir...et depuis quelques jours, Scarhatred n'avait plus besoin de compagnie tant son être était encore tout entier consacré à ces jours et à ces nuits appartenant à un temps déjà passé, mais ce qu'elle déplorait c'est que le souvenir aussi vivant puisse-t-il être, n'appartient qu'à une sphère morte et elle voulait retrouver le caractère vivant.


15/08/09
Fabrégas
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# Posté le dimanche 13 septembre 2009 16:44