Tu sais tout à l'heure...
J'ai encore voulu fuir.
J'ai l'impression que c'est redondant chez moi. Je me pose, et puis au bout d'un moment, parfois rapidement, j'ai envie de fuir.
Jcrois pas que ce soit très bien, on apelle ça aussi de la lacheté.
Mais c'est dingue, c'est comme si le mouvement était liberté, et le passif l'emprisonnement.
J'aime pas la lacheté. Ptèt parce que je suis un peu lache, ptèt parce qu'on l'est tous un peu.
Tu sais parfois je suis posée, je suis bien, et puis d'un coup...l'étouffement. J'ai envie de fuir, de dégager d'ici, d'aller prendre l'air, de déssérer les étaus, de dire f*** à tout, à tous.
Et ça c'est pas bien.
Parce que je ne pourrais jamais nouer de relations stables si tout est toujours susceptible d'être brisé par ma connerie.
C'est vrai pour les gens mais aussi les choses.
Allez ma vieille, tu l'as voulu cette fac de droit...ah bon? oui bien sur, sinon t'aurais changé, t'aurais rien foutu. On dit parfois que l'avis à posteriori a un effet rétroactif. Alors quelque part je l'ai voulu. Je savais tout ce que ça serait. Mais c'est vrai que fuir c'est facile. Dire que je ne l'ai pas voulu, c'est comme dire que je n'ai pas choisi et que j'ai le droit de ne pas me sentir liée par ma situation.
C'est facile de fuir =), mais parfois il est nécessaire d'arrêter non? J'ai bien des progrés à faire et je ne me joue pas donneuse de leçon, mais c'est à moi que je parle. Il faut que j'arrête les fuites...
Il faut que j'arrête d'avoir peur, des situations, du travail, des gens, des sentiments. C'est comme ça que Scarhatred est née, du besoin de s'évader, de se construire autrement, c'était bien, mais poussé à l'extrème le processus se retourne contre elle et alors elle n'est devenue que cet être avide de destruction et de sadisme, se montrant extrèmement forte (et encore tout est relatif) pour cacher l'extrème faiblesse.
Depuis quand ne veux-je plus ressentir? est-il possible que moi, frêle nanou, personne dévorant poésie, avide des mots chantants, rongée de sensibilité, en arrive au point de vouloir les fuir pour se figurer la liberté?
Mais tout est faux, ma liberté je l'ai trouvé dans cette même sensibilité, dans ces sensations, dans ces sentiments. Fuir mais pour quoi faire? Je voudrais arrêter le droit parce que c'est dur? mais la lacheté n'est-ce pas justement fuir à la moindre difficulté? Et qui a dit qu'aimer, ou ressentir était facile?
Fuir, ce n'est s'affranchir de ses problèmes, c'est les reporter, toujours un peu plus loin. Ce n'est pas les résoudre, c'est quitter une situation, se ruer dans une autre, croyant qu'ils n'existeront plus. Quand comprendra-t-on que les fuites les plus nombreuses ne permettront jamais la fuite de soi-même? là où réside le coeur du problème, mais aussi les solutions?
Je suis Air. A la recherche d'une liberté illusoire qui se veut clé de mon bonheur, mais toujours prisonnière et non libre comme cet élément pourrait pourtant renvoyer comme idée. Air...à la quête de la liberté, puisse être libre m'offrir une vie heureuse. Mais puisque je suis partisane de "qu'importe le but c'est le chemin qui importe" alors je devrais trouver ma liberté sur le chemin à parcourir pour l'atteindre, car liberté, douce utopie tu ne seras jamais, je ne trouverais jamais liberté tant que je la chercherais, tant que je fuierais.
Et puisque rien ne m'empèche pas de l'estimer là où je suis, de la sentir là où j'ai décidé de ressentir, de la poser là où je suis posée, rien ne m'empèche de déclarer la liberté au passif, et de poser la fuite à un actif qui toujours dans l'action, n'apporte rien d'autre que son propre mouvement et qui jamais ne me permettra la comptemplation de ce sentiment de légèreté et d'élévation dont Air se veut le représentant.
La liberté je dois apprendre à la poser sur Terre et laisser la fuite à l'Air.
Je ne trouverais point mon bonheur en fuyant, en tournant le dos, je le trouverais en me retournant et en surmontant les difficultés que j'ai moi-même choisi, en acceptant la réalité plutot que d'être toujours à la recherche d'une autre de ses formes.