silhouette, alouette

silhouette, alouette
Nous étions sortis après le cours, heureux d'être enfin libérés, heureux de la fin de journée. L'heure était un peu moins tardive que d'habitude, mais il faisait déjà nuit depuis longtemps, et un peu froid aussi. Code civil dans une main, sac dans l'autre, regard sur mes amis, nous revenions encore une fois sur le sujet de l'examen, sujet que j'aurais voulu finir par éviter en cette fin de journée. Tout le monde sortait du cours, certains bavardaient à notre instar devant la fac, il faisait nuit, la lumière de l'université et de la rue nous éclairaient. Sans le dire, sans le savoir, je scrutais les portes vitrées de la fac, pour espérer apercevoir encore l'espace d'un instant, une silhouette dont je cherchais la présence.
Je ne la trouvais pas, et il était délicat de regarder plus intensément les portes, je n'aurais pas voulu que mes camarades doutent de l'attention que je portais à la conversation et à leurs présences.
Puis j'ai décidé de partir, comme on dit j'avais un bus à prendre. Je les ai salué de la main avec sourire et je m'en suis retournée, mon code civil toujours dans une main, tandis que l'autre était occupée à mettre les écouteurs de mon mp3 dans mes oreilles. Cela s'est fait en quelques pas, juste quelques uns. Je relevais la tête, afin de marcher droit et mon regard accrocha une silhouette sombre qui se détachait de la clarté de cette vitre dont on accédait par la première volée de marche d'un escalier.
Cette silhouette c'était celle que je recherchais. Je ne l'ai pas aperçue distinctement, mais je suis sure que c'était elle. Je l'ai reconnue, et puisque je ne l'avais pas vu sortir de la fac, c'était plus que probable, encore plus en fonction de ce que j'avais perçue, à la lumière, dans les yeux de cette silhouette.
Je suis sure que c'était elle, et une partie de moi s'est alors exclamée "je t'ai trouvée".


Mauss "c'était juste une ombre, c'était juste une silhouette, qui ressemble à toi, c'était juste une ombre, je recherche quiconque te remplacera".
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# Posté le lundi 23 novembre 2009 02:18

Modifié le lundi 23 novembre 2009 11:55

yesterday

yesterday
Hier soir j'ai décidé que j'existais...

E
t je me suis mise à vivre.
C
a c'est pas fait en 10mn.

C
a a commen par ce concert, ce boostage, par cette envie de retrouver qui jtais.
P
uis par cette question "est-ce que j'ai tout perdu?". Alors j'ai déci de voir si c'était vraiment le cas. En fait ce ne ltait pas, ça m'a arraché un sourire, un élan de vivre. Ensuite il y a eu cette interro de loupée mardi aprèm. Ca m'a pas franchement atteint, j'étais encore toute dans l'élan de vivre.
Ensuite il n'y a rien eu. Juste un message, un projet, une idée, puis par un autre souffle. 3 fois rien au psent, mais un élan de dingue pour le futur.
Puis j'ai commencé à réfchir, à préciser le projet, l'idée, l'envie, à m'organiser m'en donner les moyens...
Et si ça ne s'est pas fait en 10mn, cela s'est fait au jour le jour, le temps de préciser. Juste pour un jour pouvoir parler du projet et de l'idée à cet imparfait cu et passé, mais surtout cu.

Alors ce soir j'existe encore, debout dans la terre, tête à l'endroit, pieds à l'envers, sourire sur les lèvres. Et puis demain il y a aura cette loose à affronter. C'est pas grave. C'est l'avantage de ne rien réussir, on n'a pas peur de perdre, je fais, je verrais.

Je crois qu'on ne se rend pas compte du pouvoir des couleurs, c'est vrai qu'elles embellissent beaucoup
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# Posté le jeudi 19 novembre 2009 11:37

Modifié le samedi 21 novembre 2009 09:56

There's nothing here

There's nothing here
Il ne s'est rien passé hier soir....


Pas plus hier que les autres soirs.

Pas plus que ces fameuses 10mn dans cette vie...mais un peu plus que dans la théorie de l'apparence dont les tiers peuvent se prévaloir.

Repeat after me!
PUT*** je t'avais dis que j'étais fragile !

Parce que dans ces 10mn on s'ennuyait tellement que notre regard a été attiré par la fenêtre, et que tout était gris, le ciel, le béton, la ville. Alors on s'est mis à porter de la couleur, contre le gris, contre le néant, de la couleur contre la peur, notre talisman contre ce gris oppressant !

Je t'avais dis que j'étais fragile. Un peu comme ce château de carte ,cet édifice fragile que tu ne peux construire qu'avec douceur, que lentement et pourtant t'assure même pas sa solidité. C'est tellement fragile, au moindre coup de vent, au moindre courant d'air... tout s'effondre et les cartes retombent sur la terre, faces contre terre.

Celle qui te sourit c'est juste le joker.
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# Posté le mercredi 18 novembre 2009 15:26

Modifié le samedi 21 novembre 2009 09:57

Concert <3

Concert <3
Réactions à vif au retour du concert vendredi soir ! (recopié tel quel du msg posté sur le forum).

Je reviens du concert de Punish yourself =)
Pour l'occasion voilà que j'avais mis ma jolie jupe, et j'ai ressorti mon fer à cheval pour mon labret. D'ailleurs je suis contente, la 1er fois il me cisaillait la lèvre, mais là, (peut être parce que je l'ai un peu trituré entre temps) ça va, donc je vais tenter de le garder plusieurs jours, j'ai envie de le porter à la fac

Tout à l'heure j'ai réalisé que j'avais oublié mes bijoux à Rouen, ça m'a fait pleurer, c'est con mais j'avais tellement préparée cette soirée. Puis j'ai eu des crampes au pieds, je hurlais de douleur, je pleurais, ma s½ur rigolait mais ça n'allait pas du tout, je ne voulais plus aller au concert, cette aprèm je me sentais tristounette, rêveuse. Au final c'est ma mère qui m'a emmené et j'ai rejoins ma copine et ...

ET PUT*** QUE CA FAIT DU BIEN DE SE SENTIR BIEN!!!!!!!!!!!!

Sans déc, même si on était pas nombreux, que les gens voilà, mais osef, rah ça fait du bien, je me sentais bien, les ptites intros un peu éléctro me rappelait les soirées goths que j'ai faites (et qui me manquent un peu), les parties métal, ben mon amour pour le métal, le coté punk/distroy/cyber de la nana; bref tous les éléments de ce que je peux apprécier.

Pourtant en soit c'était pas si transcendant que ça (même si oui un peu).Je connaissais mal la musique, mais pendant ce temps je me suis sentie vivre, moi-même.

X parlait de la sensation de passer à coté de quelque chose. Oui j'ai cette sensation, mais pendant la concert, j'ai senti que j'étais à ma place (pas au début mais ensuite oui),.
Cela m'a permis d'oublier cette univers particulier qu'est la fac de droit (si quelqu'un a doute sur ce qui différencie cette filière d'une autre, je lui recommande de passer 3h dans un amphi de droit pour ressentir l'atmosphère, à mon avis vous n'aurez plus envie d'y mettre les pieds), ça m'a permis d'oublier cette indifférence que je ressens au fil des jours.

Ce concert c'était LE truc, qui me donnait la sensation que j'allais vers un but, vers quelque chose, et comme j'ai passé un très bon moment je suis simplement ravie =)

[...]


Et pendant tout le temps du concert, juste un mot: EXISTER !

Pas pour les autres, juste pour soi, Vivre pour soi, EXISTER, EXISTER pas pour la vie, ne même pas se dire "oui la vie est belle, oui j'aime la vie, patati, patata" juste s'aimer soi, juste être soi, s'assumer, assumer; se concentrer sur ce seul mot EXISTER, ne pas crier non, car crier c'est douloureux, juste être droit, DEBOUT !
Concentration optimale, je veux EXISTER, sans forcer agir, ne pas me laisser subir, juste me souvenir que je suis, ne pas accepter qu'on porte atteinte à mon moi.
Je n'ai même pas l'espoir de ne pas faiblir, il faut juste que je faiblisse le moins possible, j'ai même pas d'espoir je dois juste planter mes deux pieds dans la terre. Juste une volonté, EXISTER, DEBOUT, ÊTRE.
Je veux et j'exige, je veux et j'exige, je veux et j'exige, je veux et j'exige, je veux et j'existe, je veux et j'existe, je veux et j'existe, je veux et j'existe ! JE VEUX ET J'EXISTE !

pix: Punish Yourself of course =) qui ressemble assez à ça sur scène :p




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# Posté le lundi 16 novembre 2009 15:48

Modifié le mardi 17 novembre 2009 16:05

Ahahahahah!!

Un spectre gît dans mon tiroir.


Je l'ai découvert là un matin, alors que j'étais à la recherche d'une lettre perdue. Cette lettre voilà des jours entiers que je la recherchais, enfin jours entiers tout est relatif.

Je suis professeur de français dans un lycée et j'aime mon métier. Aussi j'étais bien obligée d'aller faire mon cours à mes élèves comme n'importe lequel autre de mes collègues. Cependant j'ai moi aussi été élève et je sais pertinemment que les miens auraient accepté avec joie mon absence. Mais voilà, à ce jour il me restait encore un minimum de conscience professionnelle.

Pendant cette période Je ne fus pas spécialement aimable avec mes élèves. Plus irritable que d'habitude, je me figurais chaque minute passée devant eux comme une minute de perdues à mes recherches. A peine rentrée et déposée mon manteau que je me ruais dans toutes les pièces. La maison était grande et en beau foutoir.

Cette maison je l'ai hérité de mes parents, décédés il y a 2 ans. Leur mort m'a attristé mais elle ne fut pas brutale, étant tous les deux malades et se suivant dans la maladie, je m'étais faite à leur état qui se dégradait de jour en jour même si on ne s'habitue jamais tout à fait à un tel spectacle. Seulement je suis également dans l'age d'accepter et de supporter de tels évènements.

J'ai 29ans depuis quelques jours. J'ai fêté cette date en compagnie de mes amis les plus proches et plus fidèles. Tous, ont répondu présent ! tous par principe, mais une absence formait l'exception. Exception dont la personne n'était autre que l'auteur de cette lettre que je recherchais activement. J'avais décidé que le jour de mes 29 ans, qu'il serait alors temps de lire cette lettre, objet de toutes mes recherches. Pourquoi un tel acharnement, pourquoi un tel âge précisément ? Tout simplement parce que je me l'étais promis et c'est bien connu on tient davantage les promesses faites à soi-même que celles faites aux autres parce qu'alors son caractère contraignant semble s'effacer derrière le libre choix, notre libre-arbitre, oui notre liberté tant aimé ! Revenons un peu en arrière.

Le jour de mes 19 ans, j'étais en compagnie d'amis dont la plupart était encore présent pour mes 29. Je ne sais plus pourquoi mais quelques jours auparavant, je m'étais violemment disputé avec celle que je considérais comme ma meilleure amie. J'ai une nature calme d'extérieur mais à l'intérieur je bouillonne, on dit parfois de moi que je suis un volcan miniature. Après cette dispute et malgré l'attachement que j'avais pour elle, ma décision fut irrévocable, je ne voulais plus en entendre parler. Briser le lien férocement pour espérer ne pas avoir à faire face à une amitié brisé, à une amitié à réparer, bref j'ai eu la lâcheté de m'enfuir plutôt que de tenter d'agir en adulte, en adulte consciente ? Si on n'est pas sérieux quand on a 17 ans, alors je l'étais atrocement à 19. C'est ce jour de mes 19 ans que j'ai reçu sa lettre. Toujours disposé à l'ignorer, je ne choisis pas la radicalité que la colère m'aurait commandée de faire. Je n'étais pas en colère. Je ne brûlis ni ne détruisis sa lettre, mais j'ai fais appel à ma mère en lui priant de cacher la lettre. Qu'elle la mette dans un endroit secret de la maison, connu d'elle seule et qu'elle ne divulgue l'endroit à personne, pas même à moi. Oui cette fille...nous avons été proches pendant de longues années et c'est pour ce temps, pour ces souvenirs, pour ce lien de jadis que je n'ai voulu détruire ce morceau de papier. Mais où aurait été l'intérêt de le conserver si c'était pour ne rien en faire ? Non, il fallait une action symbolique.

J'ai alors décidé que je la retrouverais cette lettre et la lirais10 ans plus tard. Et peu à peu cette fille sortit complètement de mon esprit. J'ai appris à la considérer comme quelqu'un d'étrangère, d'extérieure, une inconnue en somme, j'ai fais un dur travail sur moi-même, un travail de chaque instant, au quotidien, me la rappeler pour être un jour en mesure de l'oublier, de l'effacer de ma vie, de ma mémoire, considérer qu'elle n'a jamais existé. Mais pour cela il me fallait du temps et de la réflexion. Pour l'oublier complètement j'ai mis un an. J'ai réussi à programmer mon cerveau pour ne me rappeler son existence que l'année dernière, quelques mois avant mes 29 ans. L'année dernière car avant je n'osais pas toucher aux affaires de mes parents. Je ne vivais plus à la maison mais quand j'ai accepté pleinement leurs décès je décidais de m'y réinstaller et j'ai racheté les parts de mes s½urs. C'est en parcourant cette maison pleine de souvenirs, d'odeurs, de saveurs, d'invitations, que peu à peu, au fil des minutes et des heures, que je me suis souvenue de l'existence de cette fameuse lettre.

J'ai 29 ans et je me sens devenir folle. Je dois absolument retrouver cette putain de lettre parce que c'est ainsi, parce qu'il est drôle parfois de revenir sur un passé lointain, parce que je l'avais décrété ainsi. Coralie m'était chère, nous étions toujours là pour nous rendre service, toujours là pour se soutenir, pour parler, délirer, s'épancher sur nos malheurs idiots ou plus subtiles, pour rire, s'aimer de cette amitié de jeunes filles. Nous étions persuadées que les études supérieures n'entacheraient en rien notre amitié, nous avions la certitude que notre amitié perdurait au-delà de l'adolescence, qu'elle évoluerait, certes, vers une relation amicale plus adulte mais toujours sincère et présente. Mes 19 ans ont rompu ces v½ux.

A mes heures perdues je tire les cartes, oui le fameux tarot. Un jour, peu avant les évènements de mes 19 ans, le tirage fut absolument mauvais. Il y avait l'idée de rupture, d'un achèvement malheureux, une idée de souffrance, seule la carte du chariot pouvait receler une once d'espoir, avec cette idée de fuite en avant... J'admets que sur le moment je n'en ai pas cru mes yeux, je suis d'un naturel très optimiste alors j'ai mis cette funeste interprétation sur le compte de la fatigue et j'oubliais totalement cet épisode. Quand nous nous sommes disputées avec Coralie j'ai songé à mon tirage. Cela me fit hérisser les poils du bras. Si c'était un simple hasard alors je m'en serais bien passé ! Quand j'interrogeais à nouveau les cartes après notre dispute pour connaitre la démarche à adopter, elles refusèrent de parler un langage autre que celui du libre arbitre. J'étais encore jeune et fougueuse à l'époque et j'ai donc donné la lettre à maman.

Depuis j'ai grandi, évolué et mûri. Je suis passée de jeune fille, à jeune femme puis enfin femme indépendante. Oui, j'ai pris mon indépendance et j'ai mené ma vie de la seule façon dont je l'entendais. Ma défunte mère acceptait mes choix mais plus le temps passait et moins j'acceptais les critiques négatives qu'elle pouvait formuler à l'encontre de ma vie. Elle ne me reprochait rien quant à ma vie professionnelle mais elle s'inquiétait beaucoup pour ma vie privée. Sans être libertine, je sortais beaucoup étant ado et j'ai continué de même à l'age adulte, passant d'homme à homme, sans connaître d'autres attaches que celui de la liberté. Je sais que maman aurait aimé me voir installé dans une relation sentimentale stable avant de mourir, qu'elle aurait voulu que je lui présente mon amoureux de manière officielle sans pour autant promettre mariage et enfant. Je retardais toujours ce moment. Quand je sentais que j'étais bien avec mon amoureux je m'en séparais dans le dessein de retrouver ma liberté et de repartir à la conquête de la séduction d'autres hommes, s'arracher de ce qui est aimer pour ne pas venir à le regretter le jour où le lien se brisera de lui-même, provoquer plutôt que de subir, faire mal qu'avoir mal, briser avant d'être émiettée.

J'étais seulement capable de me poser en amitié. Seule Coralie fit exception à la règle et encore nous avons été amies pendant de longues années. Maintenant tel que je me l'étais promis il y a 10 ans, je dois la retrouver, Elle, enfin ce morceau d'Elle avant de la retrouver tout entière. Dans ma hâte j'ai fouillé n'importe comment la maison, sans aucune méthode, hier soir je me suis même pris un verre d'alcool en espérant que. Vaine tentative. Je recommence donc cette fois pièce par pièce. J'ai achevé la cuisine et la première salle de bain et il me reste tant d'autres pièces...Et mes élèves, un ramassis de larves, d'ados léthargiques, mon dieu, dire que j'ai été comme eux ! J'ai pourtant essayé de choisir de la littérature moderne, de faire des références à des auteurs connus, de ne pas m'arrêter aux classiques bien endormants dont personne n'échappe... Rien, complètement amorphes, tout le contraire de moi qui sent mon sang bouillonner avec la rage de l'impatience. J'ai appris hier qu'ils avaient cours de sport juste avant.

C'est dingue tout de même une maison, cela fait plus d'un an que je la remets en ordre, que je la range, trie, jette, répare, rafistole, et je tombe encore sur de petits trésors. Ici une écharpe oubliée de maman, là le verre préféré de papa. Je retrouve aussi les objets laissés ou oubliés par mes s½urs aimées quand elles ont quitté la maison. Je leurs ai fait un paquet pour chacune. Afin que nous soyons toutes détentrices de ce monceau de notre passé, et puis je n'ai pas à m'accaparer ce qui était à elles. Mes chères s½urs. Leurs aides m'ont été précieuse au décès des parents, ce après quoi, elles sont ensuite reparties chez elles, assez loin. J'irais les voir bientôt, après avoir retrouvé Coralie.

Je ne pense plus qu'à elle. Elle devient une obsession. Qu'a-t-elle voulu me dire dans cette lettre ? Est-il bon de remuer, de chercher à renouer avec son passé ? Je n'ai, jamais je crois, manqué à mes promesses, il est vrai que j'en formulais peu. Ainsi comme je me le suis promis, je dois lire ce bout de papier qui repose dans un coin obscur de la maison. Cela va faire 1 an que je me suis réinstallé dans la maison, 2 ans que mes parents sont décédés, 9 ans que je l'ai oublié, 10 ans que j'avais juré de le faire. Le délai est écoulé je dois effectuer ce plongeon dans le passé pour rebondir à l'assaut d'un nouvel avenir. Voilà 10 jours que je ne pense plus à rien d'autre, 10 jours de recherches vaines, 10 jours parce que je manque d'un temps cruel, 10 jours parce que tous ont remarqué ma fatigue et m'ont mandé de me reposer.

J'y étais presque pourtant. Un picotement avait soudain saisi mes doigts, une sorte de nausée s'était emparée de moi quand à la porte on sonna. J'allais négliger d'ouvrir mais la porte s'ouvrit d'elle-même et le directeur, on dit plutôt proviseur, du lycée où je travaillais, vint me trouver. J'apprécie beaucoup cet homme, nous dînons parfois ensemble. Il est aimable, cultivé, raffiné sans trop en faire, alerte et autoritaire. Il me dit que mes collègues ont remarqué mon état et que lui veut comprendre. Je n'ai rien voulu lui dire. Je n'avais qu'une hâte : qu'il parte. Car les picotements m'annonçaient la proximité du but à atteindre. Mais cet idiot resta, insista et quand j'ai enfin réussi à le faire prendre congé, toute trace de picotement et de nausée avait disparu, me laissant là, désemparé au milieu d'un fouillis inimaginable.

Je décidais un jour où je ne donnais pas de cours, d'effectuer une pause. Pour rigoler je me suis pesée. Effrayant. 7 kilos en moins et des cernes...impressionnantes ! Je comprends l'inquiétude de mes collègues. Cette journée ne fut remplie que de repas et de sommeil. Et puis pendant la nuit, un drôle de rêve. J'avançais dans ma chambre, les mains tendues en avant et mes pieds qui butèrent dans un coin du mur. Ce rêve était étrange, il me semblait que la douleur était réelle. Je parviens alors à me réveiller. Le jour commençait à filtrait, m'offrant la lumière suffisante pour me repérer. Je m'étais en somme, offerte une séance de somnambulisme. En face de moi, le tableau ! Je l'avais pourtant déjà déplacé. Je l'ai repris, l'examiné, rien. Dans le mur j'ai remarqué brusquement un anneau. Il était censé servir d'attache au tableau. Je tirais dessus et un pan du mur d'un millimètre se détacha, laissant apparaître...quelque chose ressemblant à un tiroir encastré dans le mur. Après avoir prise une profonde inspiration, je l'ouvris. Une étrange odeur d'encens, de papier vieilli et de moisissure s'en détacha. Cela me fit tousser. Ce ne pouvait être que ce que je cherchais. Un tiroir rempli de papier que je sortis fébrilement un à un jusqu'à tomber sur la lettre tant désirée. Après un lap de réflexion je me suis aperçue que ce tiroir n'était pas n'importe lequel. Petite, j'y mettais mes objets chers jusqu'au jour où dans un accès de colère je l'ai balancé par la fenêtre. J'ignorais que maman l'avait récupéré, j'ignorais cette cache dans ma propre chambre. J'ignorais ces papiers, ce secret.

Ces papiers avaient été déposés par maman tout au long de ma vie. C'était des petites notes, des souvenirs, des photos, des coupures de journaux qu'elle avait caché ici pour que je les retrouve adulte. En les lisant, j'appris énormément de chose, sur elle, sur moi, notre famille, mais aussi l'époque à laquelle j'avais vécu. C'était un véritable morceau d'histoire, une leçon de vie. Il faudra les regarder en détail plus tard. Car tout au fond reposait comme une colombe morte la lettre de Coralie, que je reconnu à son écriture italique. Pour me mettre dans l'ambiance, j'ai allumé une bougie. A la fin de ma lecture, j'explosais de rire.

Ma bonne amie était morte. Elle s'est suicidée 2 mois après l'écriture de la lettre. Elle dit attendre un signe de moi, que je la recontacte, qu'elle a besoin de ça. Elle dit avoir besoin de moi, ou plutôt de notre amitié, que seul cela lui donnera la force de continuer à avancer. Preuve qu'elle ne s'est pas contentée de reculer, elle a même sauté à pieds joints dans le retour vers le néant. Sa lettre m'offrit la révélation, de son changement d'attitude des dernières semaines. C'était un soir nous étions sorties en boite de nuit. Dansés toutes la nuit, comme des folles, se laissant courtiser et draguer par des individus de tout genre. Nous avions un peu bu et Coralie avait du quitter la boite au bras d'un de ces garçons, c'était lui qui la raccompagnerait chez elle. Moi je restais pour dessaouler avant de rentrer seule en voiture. Nulle méfiance. Elle m'apprit pourtant que ce type l'avait violé. Elle n'avait pas voulu me le dire, pour que je ne culpabilise pas d'avoir manqué à ma promesse de toujours repartir ensemble des boites de nuits, toujours repartir ensemble de là où nous étions arrivées ensemble, de nous méfier mutuellement des garçons avec lesquels nous traînions, surtout quand ils n'étaient pas de notre bande d'amis.

Notre dispute était intervenue quelques semaines après. Mon regard se détourna de la lettre et un feuillet attira mon attention. Une page de journal, les actes de décès, le nom de Coralie y figurait. C'était maman qui avait placé ça là. Merci. Merci d'avoir respecté mon silence. C'est vrai que je n'habitais plus à la maison, mais en chambre dans la ville d'à coté, pour les études, elle a du penser que je le savais. D'ailleurs, tous ont du penser cela...ou alors ils me connaissaient assez pour savoir, que, peu important la nouvelle, il ne me fallait plus me parler de cette fille.

La nausée m'envahit, un brouillard s'installa tout autour de moi et un spectre jaillit, celui de la culpabilité. Je le vis se dresser devant mes yeux, et dans les siens j'y lisais la mort de Coralie. Le spectre vint même à mon oreille et me chuchota : jamais nulle promesse ne se défait, et il répéta cette phrase plusieurs fois. Quand il voulu s'introduire en moi je le repoussais avec force, je hurlais. Il était hors de question qu'il vienne rompre la stabilité de ma vie ! Le passé était ce qu'il était, dorénavant c'était le futur qu'il fallait construire, c'était pour vivre le futur que j'avais accepté de retrouver les cendres du passé !

Je suis sortie de ma torpeur. Il était plus tard que je ne le croyais, environ midi. J'ai pris une douche, mangé et allumé un feu de cheminée. J'y ai mis absolument tous les papiers et quand le feu eu finit de les détruire je formulais une ultime promesse : « toute nouvelle promesse sera pour moi comme nulle ». Et un cri énorme émana de la cheminée. Le spectre. Il hurlait, hurlait à m'en briser les oreilles. Je promis alors à Coralie, le spectre sentant mon hypocrisie, hurla de plus belle. Je lui ordonnais de se taire. Il continua. Son cri montait avec les flammes dans le conduit de cheminée. Les murs vibraient de sa douleur. Alors j'ai pris un seau d'eau et j'ai éteint lentement le brasier des cendres du passé. Quand on frappa à la porte, le spectre s'était tu... C'était le proviseur. Ravi de me voir autant en forme et resplendissante en ce jour de victoire, il me fit sa déclaration et me demanda en mariage. Je l'embrassais et 6 mois plus tard, je me soumis à lui, comme on dit, pour la vie.
Au surlendemain du mariage, je retrouvais le lit d'un amant de lycée retrouvé lors de la cérémonie, et quand je m'en suis à nouveau lassée, je suis repartie vers d'autres cieux d'oublis.

04/01/08
10/11/09
Ahahahahah!!
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# Posté le lundi 16 novembre 2009 14:51

16 septembre 2008

16 septembre 2008
Plume et encre


Le tem
ps influence beaucoup l'humeur du jour. De trop. Il fait froid et beau. Je vais bosser mes cours, dommage pour le froid. J'aime écrire à la plume, cela offre de nouvelles sensations. Le bruit est agréable. Il est possible d'écrire avec n'importe quelle écriture. Il faut juste respecter la plume et ne pas faire d'économie sur l'encre. L'encre sous forme de cartouche peut convenir à la plume du moment que l'on trouve un récipient APPROPRIE pour y verser l'encre et plonger la plume. Evidement l'écriture à la plume implique une patience, il ne faut pas être pressé. Vouloir imposer un rythme trop rapide à la plume et vous risquerez d'entendre ces cris et de sentir sur le papier sa douleur. Mais au final le nombre d'inconvénient est faible, au plus juste il faut parler de précaution. Quand j'écris la Forêt Sans Nom ma plume avance rapidement sur le papier. L'encre noire prend possession des lignes à mesure que les phrases sont transmises à mon poignet. Ici j'écris de la manière que je le ferais avec un stylo ordinaire. Ici point de tâche ou de rature. A première vue il ne paraît pas évident de deviner que ces mots sont tracés à la plume. En écrivant avec ce matériel, je m'offre le luxe de la sensation d'une autre époque. De me retrouver dans le corps d'un écrivain face à lui-me, qui trace seul des lettres sur une feuille de papier. Lettres qui donnent lieux à des mots qui eux-mêmes forment des phrases. Mais quel est mon but en écrivant, là, maintenant ? Il est simple, simple de naïveté. Je souhaite juste prolonger cet instant, avec la radio allumée, éclairée à la lumière du jour. Je souhaite juste continuer à savourer à écrire, à voir la page se noircir. Bien-être, en ces instants il serait dur de m'énerver. Et je vais continuer à écrire, jusqu'à arriver au bas de cette page. Puis je me lèverais, sortirait de cet état de transe et m'attèlerais à toute activité essentielle au déroulement d'une journée. Mais j'ai encore un peu de temps devant moi, du moins je l'espère. Un nuage vient de cacher le soleil. Ma chambre est subitement plus sombre et tout aussi froide. Et si le nuage ne partait pas ? Va-t-il obstruer le soleil longtemps et me priver de la luminosité de ses rayons ? Apparemment son intention est de jouer. Il fait froid, ma chambre est froide, mon corps sans doute aussi. J'écris sans avoir rien à dire et pourtant depuis le haut de la page, ma plume ne s'arrête que pour se nourrir d'encre bleue. D'une encre qui sur le papier prend la couleur de mes yeux. Yeux que j'aime. Je sens des frissons me parcourir, je sens mon regard se poser sur la feuille en se concentrant davantage que tout à l'heure ou comme tout de suite où un rayon de soleil illumine mon bureau. Enfin cette page est remplie. Enfin, l'écriture me libère momentanément, car c'est elle qui me tient. Enfin...

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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 15:51